Publié le 15 janvier 2024 16h30. Rodolfo Carter a renoncé au poste de ministre de la Sécurité dans le futur gouvernement de José Antonio Kast, mettant fin à des semaines de spéculations et ouvrant une nouvelle phase dans la constitution du cabinet.
- Rodolfo Carter a informé son entourage de sa décision de ne pas rejoindre le gouvernement Kast, une décision qu’il avait anticipée et communiquée au président élu la veille.
- Les raisons de ce refus incluent les pouvoirs limités du nouveau ministère de la Sécurité et les risques politiques liés à une éventuelle réforme législative pour les renforcer.
- Plusieurs noms circulent déjà pour succéder à Carter, parmi lesquels ceux de l’amiral Alberto Soto, du général Enrique Bassaletti et d’Andrés Jouannet.
L’ancien maire de La Araucanía, récemment élu sénateur, a mis fin à un dilemme qui agitait le Bureau du Président élu (OPE) et les partis de la coalition au pouvoir. Sa décision intervient après une conversation privée avec José Antonio Kast, au cours de laquelle il a cherché à expliquer les raisons de son choix, tout en souhaitant préserver de bonnes relations avec le futur président. Des témoins rapportent que les deux hommes se sont même fait une accolade à l’issue de cet entretien.
Selon l’entourage du sénateur élu, deux facteurs principaux ont motivé son refus. Le premier concerne la portée restreinte des compétences du ministère de la Sécurité tel qu’il est actuellement conçu. L’équipe de Carter estime que le poste expose le titulaire à des attentes publiques élevées sans lui donner les moyens suffisants d’y répondre. Il ne s’agit pas seulement de lutter contre le crime organisé et la délinquance, mais aussi de gérer un portefeuille aux pouvoirs limités.
Le maire de Floride, Daniel Reyes, successeur de Carter à la municipalité et ami proche, avait déjà publiquement déconseillé à l’ancien maire d’accepter ce poste. Dans un entretien accordé à Extrait de l’éditorial du Troisième, Reyes a déclaré :
« C’est une bonne nouvelle que la voix des maires soit prise en compte »
Daniel Reyes, maire de Floride
et a ajouté :
« Il est évident que Carter possède une vaste expérience dans le domaine de la sécurité, mais aujourd’hui, dans les conditions actuelles, je pense que c’est extrêmement risqué car nous parlons, au fond, d’un ministère qui n’a pas les pouvoirs qu’il devrait avoir, à mon avis. »
Daniel Reyes, maire de Floride
Le second élément concerne les risques politiques liés à une éventuelle réforme législative visant à élargir les pouvoirs du ministère. L’équipe de Carter craignait qu’une telle initiative ne soit perçue comme une loi taillée sur mesure pour l’ancien maire, ce qui aurait pu nuire à sa crédibilité. De plus, ils ont souligné les complications juridiques potentielles si un sénateur nouvellement élu devait démissionner pour prendre ses fonctions au gouvernement.
Face à ce refus, José Antonio Kast doit désormais élargir son éventail de candidats. Plusieurs personnalités ont été évoquées au sein de l’OPE, dont l’amiral Alberto Soto, le général (retraité) et député élu Enrique Bassaletti, et Andrés Jouannet, responsable du parti Amarillos pour le Chili. La décision finale reste ouverte, alors que le futur gouvernement est confronté à l’urgence de définir qui dirigera l’un des ministères les plus importants de son programme, axé sur la crise sécuritaire.
