Publié le 15 décembre 2025 à 07h40. La vitesse du vent à Schiphol, aux Pays-Bas, a considérablement diminué cette année, ce qui pourrait avoir des conséquences sur la production d’énergie éolienne et les objectifs climatiques du pays. Des études récentes révèlent également que les estimations de rendement des parcs éoliens en mer pourraient être trop optimistes.
- La vitesse moyenne du vent à Schiphol devrait être de 4,6 mètres par seconde (environ 16,6 km/h) cette année, un chiffre bien inférieur aux années précédentes.
- L’augmentation du nombre de bâtiments et de zones anticycloniques contribue à cette diminution de la vitesse du vent.
- Des recherches de la TU Delft suggèrent que le rendement des éoliennes en mer est surestimé, ce qui pourrait nécessiter la construction de davantage de parcs éoliens pour atteindre les objectifs énergétiques.
La diminution de la vitesse du vent aux Pays-Bas est un phénomène qui suscite l’inquiétude, notamment en ce qui concerne la production d’énergie éolienne. Selon les données du KNMI (Institut royal néerlandais de météorologie), la vitesse moyenne du vent à Schiphol devrait atteindre 4,6 mètres par seconde (environ 16,6 km/h) cette année. Ce chiffre est nettement inférieur à celui enregistré les années précédentes.
Le climatologue Peter Siegmund du KNMI explique que cette baisse est due à plusieurs facteurs.
« Le vent est ralenti par tout ce qui dépasse. Et il n’est pas vrai que derrière un bâtiment, le vent revienne immédiatement à pleine puissance. Le vent est encore moins fort loin derrière ce bâtiment. »
Peter Siegmund, climatologue au KNMI
L’augmentation du nombre de bâtiments et d’autres obstacles freine le vent, réduisant ainsi sa vitesse.
Parallèlement, la présence de nombreuses zones anticycloniques au printemps a contribué à un temps ensoleillé et sec, mais également à un vent plus faible. Maurice Middendorp, météorologue de Buienradar, précise :
« Ce qui a rendu le printemps ensoleillé et sec avec peu de vent. »
Maurice Middendorp, météorologue de Buienradar
Cette situation n’est pas directement liée au changement climatique, les modèles climatiques ne prévoyant pas de modification de la vitesse du vent à long terme.
Cependant, des études récentes mettent en lumière un autre problème : les estimations de rendement des éoliennes en mer pourraient être trop optimistes. Des chercheurs de la TU Delft ont découvert que les éoliennes se bloquent mutuellement le vent plus que prévu, ce qui réduit leur efficacité.
« Une éolienne extrait l’énergie du vent. S’il y a une autre éolienne plus loin sur la route, le vent doit être complété par le haut. La quantité de vent n’est jamais tout à fait la même que celle de la première éolienne, mais selon cette étude, nous avons vraiment mal calculé cela. Ce processus est encore plus lent que nous le pensions. »
Martien Visser, expert en énergie
Selon le professeur Carlos Simao Ferreira de la TU Delft, le rendement futur de l’énergie éolienne pourrait être surestimé jusqu’à 50 %. Cela signifie que davantage de parcs éoliens pourraient être nécessaires pour atteindre les objectifs énergétiques fixés pour 2040. Le ministère néerlandais reconnaît désormais que ses propres estimations étaient trop optimistes, et a revu à la baisse ses attentes, en tenant compte d’une réduction de rendement de 42 % par éolienne. Cependant, les chercheurs de Delft estiment que même ce scénario est encore trop positif.
Les conséquences de ces découvertes pourraient être importantes. Selon Martien Visser, cela pourrait entraîner un déficit dans le budget énergétique du pays, nécessitant la construction de davantage de turbines en mer ou de centrales nucléaires, voire, à court terme, le recours à des stations-service fonctionnant aux combustibles fossiles. Le gouvernement néerlandais envisage de donner plus d’espace aux éoliennes afin d’améliorer leur rendement, mais le professeur Ferreira souligne qu’il n’y a pas suffisamment d’espace en mer du Nord pour répondre à tous les besoins énergétiques futurs.
D’autres solutions sont envisagées, telles que le développement de technologies permettant à l’air d’atteindre plus facilement les éoliennes, ou l’amélioration des systèmes de stockage d’énergie. Ces derniers, en particulier, pourraient jouer un rôle crucial dans la stabilisation de l’approvisionnement énergétique.
Pour en savoir plus sur les défis énergétiques auxquels sont confrontés les Pays-Bas, vous pouvez consulter cet article sur l’énergie et le changement climatique. Vous trouverez également des informations complémentaires sur le courant-jet sur le site du KNMI.
Enfin, pour une analyse plus approfondie du développement de l’énergie solaire et éolienne, consultez cet article sur les obstacles au développement des énergies renouvelables.
