Publié le 8 janvier 2024 14h14. Des chercheurs internationaux ont annoncé la possible identification de traces d’ADN liées à Léonard de Vinci, ouvrant de nouvelles perspectives dans l’authentification des œuvres d’art de la Renaissance.
- L’analyse d’un dessin attribué à de Vinci et de documents familiaux a révélé la présence d’un haplogroupe génétique commun, E1b1b, fréquent en Toscane.
- Cette découverte s’inscrit dans le cadre du projet ADN Leonardo da Vinci (LDVP) et utilise des techniques mini-invasives d’extraction d’ADN.
- Les scientifiques soulignent que ces résultats préliminaires ne constituent pas une preuve définitive de l’identité de l’artiste, mais ouvrent la voie à une nouvelle discipline, l’artéomique.
Une équipe internationale de scientifiques espère lever un voile sur l’identité de Léonard de Vinci grâce à une approche novatrice : l’analyse de son ADN. Des traces génétiques ont été extraites d’un dessin controversé, “Le Saint Enfant”, attribué au maître florentin, ainsi que de lettres datant du XVe siècle et rédigées par un membre de sa famille. L’objectif ? Confirmer, ou infirmer, l’authenticité des œuvres d’art et mieux comprendre l’ascendance de l’un des plus grands génies de la Renaissance.
La recherche, menée dans le cadre du projet ADN Leonardo da Vinci (LDVP), s’appuie sur des techniques d’extraction d’ADN mini-invasives. Les chercheurs ont utilisé des écouvillons stériles – similaires à ceux employés pour les tests de dépistage du COVID-19 – pour prélever des échantillons sur le dessin et les documents anciens. L’analyse s’est concentrée sur le chromosome Y, transmis de père en fils, permettant de retracer la lignée paternelle. Les résultats préliminaires indiquent que l’ADN retrouvé dans les deux échantillons appartient au même haplogroupe, E1b1b, une lignée génétique courante en Toscane, la région natale de Léonard de Vinci. Cette similarité suggère une origine ancestrale commune.
Cependant, les scientifiques se montrent prudents. “Déterminer une identité sans ambiguïté est extrêmement difficile”, explique David Caramelis, anthropologue à l’Université de Florence et spécialiste de l’ADN ancien, impliqué dans le projet.
« Le dessin, comme d’autres artefacts, aurait pu entrer en contact avec de nombreuses personnes au fil du temps qui pourraient partager la même lignée génétique. »
David Caramelis, anthropologue à l’Université de Florence
L’absence de descendants directs de Léonard de Vinci et la perturbation de son lieu de sépulture au XIXe siècle compliquent la tâche. Aucun reste fiable n’est disponible pour une comparaison directe de l’ADN.
Pour pallier ces difficultés, les chercheurs étudient l’ADN des descendants vivants du père de Léonard et analysent les ossements découverts dans la tombe familiale en Toscane. Cette recherche ouvre également la voie à une nouvelle discipline scientifique, baptisée “artéomique”, qui combine l’étude de l’ADN et d’autres traces biologiques présentes sur les œuvres d’art avec les méthodes traditionnelles d’histoire de l’art. Selon Jesse Ausubel, spécialiste de l’environnement,
« Le jugement des experts reste le plus important, mais il ajoute que les données biologiques pourraient constituer un complément précieux. »
Jesse Ausubel, spécialiste de l’environnement
L’artéomique pourrait ainsi révolutionner la manière dont les œuvres d’art sont authentifiées, en intégrant les preuves ADN comme un facteur déterminant.
Bien que les résultats actuels soient préliminaires, ils suscitent un grand intérêt et ouvrent des perspectives passionnantes pour la compréhension des secrets de Léonard de Vinci, mais aussi d’autres figures historiques et de leurs créations.
