Publié le 01/02/2026 22h43 (heure de La Mecque). Un tribunal pakistanais a condamné à la prison à vie sept personnalités, dont des journalistes et d’anciens militaires, pour incitation à la violence et diffusion de la haine suite aux émeutes de mai 2023 qui ont secoué le pays après l’arrestation de l’ancien Premier ministre Imran Khan.
- Sept individus, dont trois journalistes, deux créateurs de contenu YouTube et deux militaires à la retraite, ont été condamnés à la prison à vie.
- Le jugement a été rendu par contumace, les accusés ayant quitté le Pakistan pour éviter les arrestations.
- Les condamnations interviennent dans le cadre d’une vaste répression gouvernementale contre les partisans d’Imran Khan et les voix dissidentes.
Le tribunal antiterroriste d’Islamabad a reconnu coupables ces sept personnes d’avoir incité à la violence lors des troubles qui ont éclaté en mai 2023, après l’arrestation de l’ancien Premier ministre Imran Khan dans une affaire de corruption. Des milliers de ses partisans avaient alors attaqué des sites militaires et des bâtiments gouvernementaux, notamment le siège de la radio pakistanaise.
Parmi les condamnés figurent le journaliste Shaheen Sahbi, ainsi que les journalistes Saber Shaker et Moeed Pirzada. La liste comprend également les créateurs de contenu YouTube Saeed Khan et Haider Reza Mehdi, et deux militaires à la retraite, Adil Raja et Akbar Hussein.
Le juge Taher Abbas Sabra a estimé que les actions des accusés relevaient du terrorisme, au sens de la loi pakistanaise, et que leurs publications en ligne avaient semé « la peur et le désordre » dans la société. Le procès s’est déroulé par contumace, aucun des accusés n’ayant assisté aux audiences, tous ayant quitté le pays au cours des deux dernières années.
Saeed Khan, résidant à New York, a déclaré dans un communiqué qu’il n’avait reçu aucune convocation, n’avait été informé d’aucune procédure et n’avait eu aucun contact avec le tribunal. Il a dénoncé une décision qui, selon lui, « n’est pas de la justice, mais un jeu politique mené sans égard aux procédures légales, à la compétence ou à la crédibilité ».
En 2023, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avait déjà dénoncé ces enquêtes comme constituant un « niveau de représailles pour une couverture critique ». Beh Lieh Yee, coordinatrice du programme Asie du CPJ, avait alors appelé les autorités pakistanaises à abandonner immédiatement ces poursuites et à mettre fin à ce qu’elle qualifiait de politique d’intimidation et de censure continue à l’encontre des médias.
Imran Khan, âgé de 73 ans, purge actuellement plusieurs peines de prison pour corruption et d’autres accusations que lui et ses partisans considèrent comme une tentative de faire dérailler sa carrière politique. Il avait été évincé de son poste de Premier ministre en avril 2022 suite à un vote de censure au Parlement, ce qui avait déclenché des affrontements entre ses partisans et les forces de sécurité dans tout le Pakistan.
