Publié le 17 janvier 2026 à 20h50. L’industrie cinématographique et télévisuelle de Los Angeles est confrontée à une crise profonde, avec une chute de production de près de 20 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années, malgré les efforts pour relancer l’activité grâce à des incitations fiscales.
- La production télévisuelle est la plus touchée, avec une baisse de 50 % des jours de tournage.
- La production de télé-réalité, traditionnellement un secteur stable, a chuté de 12 % en un an.
- Les productions cinématographiques à gros budget se tournent de plus en plus vers d’autres régions et pays.
Les espoirs d’un rebond rapide de l’industrie du divertissement à Los Angeles, après les grèves de 2025, se sont évanouis. Un récent rapport de Variety révèle que la reprise promise n’a pas eu lieu, laissant de nombreux professionnels du secteur dans une situation précaire.
Pour les cinéastes et techniciens basés à Los Angeles, la situation est palpable : fermetures de restaurants, pénurie d’offres d’emploi et nécessité d’accepter des missions précaires pour survivre. La désaffection des studios pour la Californie, amorcée il y a une décennie, semble s’accentuer.
Le dernier rapport de FilmLA dresse un tableau sombre. La production à Los Angeles est en baisse de près de 20 % par rapport à sa moyenne sur cinq ans. Si une légère augmentation de 5 % a été observée au quatrième trimestre 2025, grâce à l’élargissement des crédits d’impôt californiens, cela n’a pas suffi à inverser la tendance.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Si les grèves sont souvent pointées du doigt, la principale cause réside dans le manque de compétitivité des incitations fiscales californiennes. Les productions ont d’abord migré vers d’autres États américains, puis vers l’étranger et le Canada, la Californie n’ayant pas su s’adapter.
Outre les incitations fiscales, d’autres problèmes majeurs pèsent sur l’attractivité de Los Angeles :
- Une réputation « hostile » : Les producteurs considèrent de plus en plus Los Angeles comme un lieu difficile pour tourner, en raison des frais de permis, des « frais de dérangement » imposés par les entreprises locales et de la lourdeur administrative.
- La concurrence internationale : Des régions comme le Royaume-Uni, la Géorgie et l’Ontario ont doublé leur capacité de plateaux de tournage depuis 2020, offrant des coûts inférieurs et plus d’espace disponible, ainsi que des équipes qualifiées.
- Un écart en matière d’incitations : Bien que le gouverneur Newsom plaide pour relever le plafond du crédit d’impôt à 750 millions de dollars, le crédit de 20 à 25 % offert par la Californie reste inférieur aux 30 % (voire plus) proposés par ses concurrents, qui ne sont pas soumis aux mêmes restrictions budgétaires.
Face à cette situation, de nombreux professionnels envisagent de changer de stratégie. Certains se tournent vers des productions de petite envergure, tandis que d’autres envisagent de diversifier leurs compétences ou de s’expatrier.
FilmLA encourage les petites équipes à utiliser des « permis à faible impact », ce qui témoigne de l’orientation vers des productions plus modestes. Il est désormais essentiel de développer une expertise en matière d’incitations fiscales dans d’autres régions, comme Atlanta, Albuquerque et Londres, et de maîtriser les nouvelles technologies (intelligence artificielle, production virtuelle) qui restent concentrées à Los Angeles.
L’avenir de l’industrie du divertissement à Los Angeles reste incertain. Si la Californie parvient à renforcer ses incitations fiscales, elle pourrait reconquérir une partie du terrain perdu. Cependant, il faudra du temps pour inverser la tendance et restaurer la position de Los Angeles comme centre névralgique de la production cinématographique et télévisuelle.
Los Angeles restera sans doute le cœur créatif de l’industrie, mais « l’usine » se déplace. Et beaucoup sont prêts à la suivre.
