L’année 2025 aura été marquée par des avancées scientifiques notables, mais aussi par des remises en question profondes au sein de la communauté scientifique américaine. Entre coupes budgétaires drastiques, tentatives de démantèlement d’institutions clés et une recrudescence de fraudes, l’heure est à la réflexion et au réconfort que peuvent apporter les livres et les podcasts.
Alie Ward, animatrice de la populaire émission « Ologies », a partagé sa sélection des meilleurs ouvrages scientifiques de l’année, explorant des sujets aussi variés que les abeilles, l’anatomie humaine ou encore la botanique.
« Les fougères : leçons de survie tirées des plantes les plus adaptables de la Terre » par Fay-Wei Li et Jacob S. Suissa (Hardie Grant Books, 192 pages, 45 $). Ce livre offre une perspective fascinante sur le monde végétal. « Fay-Wei Li est le botaniste dont on rêve tous… Sa manière de parler des fougères, de son amour pour elles, de son enfance à Taïwan (dans une véritable forêt de fougères), et de la façon dont la reproduction sexuée des fougères a permis de sensibiliser la communauté LGBTQ et non binaire est à la fois charmante et drôle », explique Alie Ward. Les auteurs ont même donné le nom d’une espèce entière à Lady Gaga, en référence à sa chanson « Born This Way » et à des séquences spécifiques de l’ADN des fougères. Les illustrations de Laura Silburn sont également remarquables, capturant la texture délicate de ces plantes souvent méconnues. À l’heure où la recherche scientifique souffre d’un manque de financement, ce livre rappelle l’importance fondamentale de l’étude du vivant, avec des applications concrètes, comme la réduction de l’utilisation de pesticides dans l’agriculture.
« Les ABC des abeilles indigènes de Californie » par Krystle Hickman (Heyday, 240 pages, 38 $). Krystle Hickman est une photographe et une artiste visuelle exceptionnelle. Son livre est un hommage vibrant aux abeilles indigènes d’Amérique du Nord, souvent éclipsées par l’abeille mellifère, une espèce non native. « Beaucoup de gens pensent aux abeilles uniquement en termes de miel, mais l’abeille mellifère n’est même pas originaire d’Amérique du Nord. Elle n’est pas originaire de Los Angeles, ni de ce pays. C’est du bétail sauvage », précise Alie Ward. L’ouvrage se distingue par ses magnifiques photographies de paysages et par les récits personnels de l’auteure lors de ses expéditions à la recherche de ces espèces méconnues, organisés de manière ludique sous forme d’abécédaire.
« Humanish : ce que nous révèle notre tendance à humaniser nos chats ou nos voitures » par Justin Gregg (Little, Brown, 304 pages, 30 $). Justin Gregg aborde avec humour et pertinence notre propension à attribuer des caractéristiques humaines à des objets ou des animaux. « Justin est hilarant. Il a un style d’écriture très accessible et aborde la science à travers le prisme de la culture populaire. On a l’impression de lire l’e-mail d’un ami qui a une histoire passionnante à raconter », souligne Alie Ward. L’auteur explore les raisons psychologiques qui nous poussent à vouloir nous lier d’amitié ou à diaboliser des objets, des technologies ou des animaux, et les conséquences parfois bénéfiques, parfois dangereuses de cette anthropomorphisation. Il offre ainsi une réflexion pertinente sur notre rapport au monde qui nous entoure.
« Remplaçable : aventures en anatomie humaine » par Mary Roach (W.W. Norton & Co, 288 pages, 28,99 $). Mary Roach est une auteure incontournable pour Alie Ward. Son livre explore les faiblesses de notre corps et les tentatives pour les réparer avec une humanité touchante. « Elle a cette capacité unique à se fondre dans le décor, à observer les choses de l’intérieur, comme lors d’opérations orthopédiques, où elle décrit avec un humour décalé l’ambiance en salle d’opération », explique Alie Ward. L’auteure voyage également en Mongolie pour découvrir les techniques de chirurgie oculaire pratiquées dans les yourtes, et explore les archives pour dénicher des anecdotes fascinantes. Elle rend intéressant tout ce qu’elle touche.
« Le double impôt : comment les femmes de couleur sont surtaxées et sous-payées » par Anna Gifty Opoku-Agyeman (Portfolio, 256 pages, 29 $). Anna Gifty Opoku-Agyeman est une économiste et une militante pour l’équité. Son livre analyse les inégalités économiques auxquelles sont confrontées les femmes de couleur. « Anna combine une analyse sociologique rigoureuse avec son expérience personnelle et celle d’autres femmes de couleur », explique Alie Ward. L’auteure propose également des pistes de solutions concrètes, en présentant des données chiffrées sur l’écart de salaire et le « double impôt » subi par les femmes de couleur, sous forme de relevé de compte, rendant ainsi l’analyse accessible et percutante.
