Publié le 22 novembre 2025 à 13h15. Le chanteur et compositeur Joe Vasconcellos a célébré les 30 ans de son album emblématique « Toque » lors d’un concert mémorable à la Movistar Arena, un événement qui a marqué toute une génération de mélomanes chiliens.
- L’album « Toque », sorti en 1995, a gagné en popularité au fil des ans et est aujourd’hui considéré comme un classique de la musique chilienne.
- Le concert de célébration a été précédé de rencontres avec les fans, lors desquelles Joe Vasconcellos a partagé des anecdotes inédites sur la création de l’album.
- L’artiste a souligné l’importance de « Toque » dans sa carrière et son impact sur la scène musicale chilienne des années 90.
Le 9 novembre dernier, Joe Vasconcellos a offert à son public un spectacle exceptionnel, rendant hommage à « Toque », l’album qui a défini une époque. Ce disque, sorti en 1995, recèle des titres devenus des hymnes pour toute une génération, tels que « Magical », « The Six », « Juste pour ce soir », « The Dancer », « Huellas » et « Thirst for a Goal ». Loin d’être un succès immédiat, « Toque » a conquis son public progressivement, une ascension que l’artiste explique ainsi :
« Les gens, au fil du temps, ont donné à Toque la place qu’il méritait. Parce que l’album n’a pas démarré comme un boom. Il a gagné de l’espace et c’est pourquoi je pense qu’il a encore de la vie 30 ans plus tard. »
Joe Vasconcellos
Au-delà du concert à la Movistar Arena, le mois de novembre a été marqué par une série d’événements commémorant les trois décennies de « Toque ». Joe Vasconcellos a ainsi organisé des séances d’écoute intimes avec ses fans, partageant des souvenirs et des détails méconnus sur l’élaboration de l’album et le contexte de son époque.
« Toque » a marqué une génération, devenant la bande sonore de nombreux souvenirs. L’artiste témoigne :
« C’était comme un disque qui traversait les générations, un disque né d’une époque. Rappelez-vous que les voitures des années 90 étaient équipées de « lecteurs de CD » et que les gens écoutaient un CD lorsqu’ils partaient en vacances. On me répète souvent que les gens dans la rue m’arrêtent et me disent : “Joe, l’album me rappelle ma taita, quand nous allions à Cartagena”. Ce sont comme des souvenirs très affectueux, très tendres. »
Joe Vasconcellos
Avec « Toque », Joe Vasconcellos s’est inscrit dans le paysage musical chilien florissant des années 90, aux côtés de groupes et d’artistes tels que Les Trois, La Loi, Machuca, Chancho en Piedra, Los Christianes, Bambú, Nicole, Javiera Parra et Los Imposibles, Procureurs Ad-hok, Los Tetas et Lucybell. Il souligne l’atmosphère particulière de cette époque :
« C’était super sympa que dans un environnement rock and roll, il y ait un espace si important pour la tendresse, pour l’amitié, pour le concept de famille, pour avoir de beaux souvenirs. »
Joe Vasconcellos
L’album a représenté un tournant dans la carrière de Joe Vasconcellos.
« Et ça a changé ma vie. »
Joe Vasconcellos
Il se souvient d’un moment clé, lors d’un concert des 25 ans du Congrès :
« Lors du concert des 25 ans du Congrès, à Court Central, ils m’ont invité à chanter ‘Son of the Luminous Sun’, et quand Pancho Sazo m’a invité à chanter la chanson, les gens sont devenus fous et se sont manifestés. Un phénomène très beau, très cool s’est produit. »
Joe Vasconcellos
C’est suite à cette performance qu’il a rencontré Luigi Mantovani, alors dirigeant d’EMI, qui a cru en son potentiel. L’artiste raconte :
« Luigi Mantovani avait un parcours en tant que producteur de disques incroyables. Alors ça m’a semblé fou que Luigi Mantovani soit là et me dise : ‘Hé, tu as un label ?’. J’ai répondu : “non, je n’ai pas de cachet”. “Va parler à Carlos (Fonseca)”, a-t-il répondu. »
Joe Vasconcellos
Carlos Fonseca, ancien manager des Prisoneros, lui a ensuite offert un contrat avec le label, marquant le début d’une nouvelle ère professionnelle.
Joe Vasconcellos évoque également les défis liés à la classification de sa musique dans les années 90, une époque où les genres étaient plus rigides :
« Dans les années 90, les étiquettes musicales étaient rigides, fermes, et « Toque » avait de la cumbia, du blues, de la musique brésilienne. »
Joe Vasconcellos
Il se souvient des difficultés rencontrées dans les magasins de disques, où son album était souvent mal rangé :
« J’ai toujours eu beaucoup de problèmes dans les magasins pour vendre des disques, parce qu’ils ne savaient pas où les mettre. »
Joe Vasconcellos
Enfin, Joe Vasconcellos rend hommage à Tommy Rey, figure emblématique de la cumbia chilienne, dont l’influence se ressent dans son propre travail :
« Avec le Chancho, nous avons réalisé que nous jouions dans des universités, dans divers endroits, et que Tommy Rey a fermé ou que La Sonora Palacios a fermé, mais ce n’était pas une nouvelle. Et comme c’était agréable de voir ces messieurs impeccables jouer de la cumbia chilienne… »
Joe Vasconcellos
Il insiste sur la nécessité de reconnaître pleinement la contribution de Tommy Rey à la musique chilienne.
