Philadelphie, 30 avril 2025 – Une avancée majeure dans la recherche sur les maladies respiratoires : des scientifiques ont mis au point un nouveau modèle animal, un rat, qui reproduit de manière particulièrement fidèle les mécanismes complexes du cœur pulmonaire associé à la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Ce modèle pourrait accélérer le développement de traitements plus efficaces contre cette complication grave de la BPCO.
La BPCO, une maladie respiratoire chronique caractérisée par une obstruction des voies aériennes, est une cause majeure de mortalité dans le monde. L’Organisation mondiale de la santé estime qu’elle a été responsable d’environ 3,23 millions de décès en 2019. Environ 6 % des patients atteints de BPCO développent chaque année un cœur pulmonaire, une insuffisance du ventricule droit causée par une maladie pulmonaire, qui aggrave considérablement le pronostic.
Jusqu’à présent, le manque de modèles animaux précis simulant les interactions entre la BPCO et le cœur pulmonaire a freiné les progrès thérapeutiques. « Le pronostic pour les personnes atteintes de BPCO compliquée d’un cœur pulmonaire est généralement sombre, et les traitements actuels sont insuffisants », explique le Dr Tao Wang, chercheur principal au Laboratoire clé d’État des maladies respiratoires, Centre national de recherche clinique pour les maladies respiratoires, Institut de Guangzhou de la santé respiratoire, et au premier hôpital affilié de l’Université médicale de Guangzhou, en Chine. « Nous avions donc un besoin urgent d’un modèle animal plus précis pour mieux comprendre la maladie et développer de nouvelles thérapies. »
Pour créer ce nouveau modèle, les chercheurs ont combiné une exposition chronique à la fumée de cigarette avec une ligature de l’artère pulmonaire gauche. Des analyses physiologiques, histologiques et moléculaires approfondies ont confirmé que le modèle reproduisait fidèlement les caractéristiques de la BPCO, notamment l’inflammation pulmonaire chronique, l’emphysème et l’infiltration inflammatoire. Il reproduisait également les signes clés du cœur pulmonaire : hypertrophie du ventricule droit, fibrose, raréfaction des capillaires et modifications hémodynamiques liées à l’hypertension pulmonaire.
L’étude, publiée dans The American Journal of Pathology, révèle également que les voies inflammatoires et le stress oxydatif pourraient jouer un rôle crucial dans la progression de la maladie, ouvrant la voie à de nouvelles cibles thérapeutiques potentielles. « Le développement de ce nouveau modèle de rat représente une avancée significative dans notre capacité à étudier le cœur pulmonaire associé à la BPCO », souligne le Dr Lingdan Chen, co-chercheur principal au même institut. « En élucidant les mécanismes sous-jacents de la maladie, nous pourrons développer des stratégies thérapeutiques plus efficaces. »
Les chercheurs sont optimistes quant au potentiel de ce modèle pour accélérer la découverte de nouvelles stratégies de traitement pour les patients atteints de cœur pulmonaire associé à la BPCO.
