Publié le 12 novembre 2025. Un mandat d’arrêt a été émis contre le contre-amiral Fernando Farías Laguna, impliqué dans une vaste affaire de fraude fiscale liée au carburant, après qu’il n’ait pas comparu devant la justice. L’affaire met en lumière un réseau de corruption au sein de la marine et des douanes mexicaines.
- Un mandat d’arrêt a été émis contre Fernando Farías Laguna pour avoir fui l’action de la justice.
- L’enquête porte sur un réseau de corruption impliquant des fonctionnaires de la marine (Semar) et des douanes.
- Les revenus des marins Farías Laguna ne correspondent pas à leurs dépenses, révélant des opérations suspectes et des dépôts atypiques.
L’affaire de la « taxe huachicol », comme on l’appelle au Mexique, prend une nouvelle tournure avec l’émission d’un mandat d’arrêt contre le contre-amiral Fernando Farías Laguna. Ce dernier, neveu de l’ancien secrétaire de la Marine, Rafael Ojeda Durán, est soupçonné de faire partie d’un vaste réseau de corruption impliquant la manipulation de carburant étiqueté comme additif afin d’éviter l’impôt.
Mardi dernier, Fernando Farías Laguna n’a pas honoré sa première comparution devant le centre de justice pénale d’Almoloya de Juárez, dans l’État du Mexique. Le juge Nancy Selene Hidalgo Pérez a alors déclaré qu’il s’était soustrait à la justice et a ordonné son arrestation.
Le Bureau du Procureur général (FGR) avait demandé une audience privée pour modifier les modalités de sa convocation, ce qui a conduit à l’émission du mandat d’arrêt. L’enquête, référencée sous le numéro FED/FEMDO/FEIORPIFAMFCDMX/0000568/2024, porte sur le crime organisé dans le but de commettre des délits liés aux hydrocarbures, conformément à l’article 2, section IX, de la Loi fédérale contre la criminalité organisée.
Le réseau de corruption impliquant les frères Farías Laguna
Début octobre, le FGR avait révélé l’implication des frères Manuel Roberto et Fernando Farías Laguna dans un réseau de corruption et d’opérations avec des ressources d’origine illicite. Le vice-amiral Manuel Roberto Farías Laguna a été arrêté le 2 septembre 2025 et est actuellement détenu à la prison de l’Altiplano, aux côtés de trois hommes d’affaires, quatre marins, un officier de marine à la retraite et cinq anciens douaniers.
Fernando Farías, quant à lui, est en fuite depuis le 2 octobre, après avoir perdu la suspension qui le protégeait d’une arrestation.

Ce que la FGR a découvert dans les finances des acteurs impliqués
L’enquête a révélé que les revenus des deux marins ne correspondent pas à leur niveau de dépenses. Parmi les anomalies constatées figurent des achats et des ventes de biens immobiliers, de véhicules de luxe et d’assurances payés en espèces ou par chèques de banque, ainsi que des dépôts et des retraits atypiques s’élevant à plusieurs millions de pesos, dépassant largement leurs salaires de fonctionnaires. Des transactions immobilières suspectes entre proches ont également été identifiées, suggérant des opérations fictives.
Dans le cas de Manuel Roberto, sa masse salariale s’est élevée à 12,1 millions de pesos entre 2020 et 2024, mais ses dépenses et ses dépôts ont dépassé ce montant. Fernando, quant à lui, a déclaré exercer une activité commerciale, mais n’a pas pu fournir de justificatifs fiscaux et ses dépenses ont dépassé de 5,6 millions de pesos ce qu’il a perçu auprès de la Semar.
Trace en douane et communications
Les autorités fédérales ont suivi plus de 60 000 enregistrements d’appels reliant les frères Farías à des opérations dans les zones navales de Veracruz, Sonora, Basse-Californie, Colima et Jalisco, ainsi qu’aux douanes de Dos Bocas (Tabasco) et de Guaymas (Sonora). Cette analyse met en évidence une coordination constante liée à des mouvements irréguliers d’hydrocarbures et à d’éventuelles opérations illicites.
Le cas reste en cours d’instruction à la prison de l’Altiplano, où la situation juridique de l’accusé est examinée. Fernando Farías Laguna reste en fuite et le FGR maintient le mandat d’arrêt actif.
L’enquête ne se limite pas aux frères Farías, mais pourrait impliquer un réseau plus large de fonctionnaires, de civils et d’hommes d’affaires du Mexique et des États-Unis impliqués dans des délits de corruption, de fraude fiscale et de blanchiment d’argent liés au trafic illégal de carburant.



