Publié le 5 janvier 2026. L’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis suscite des interrogations aux Philippines, fragilisant la position du pays qui se veut défenseur d’un ordre international fondé sur le respect du droit. Cet incident relance le débat sur la cohérence de la politique étrangère philippine, notamment dans ses relations avec Washington et Pékin.
- L’opération américaine ayant conduit à la capture de Nicolás Maduro a mis les Philippines dans une position délicate, soulevant des accusations de partialité.
- Manille, qui assure la présidence de l’ASEAN cette année, est particulièrement scrutée dans cette affaire.
- Le gouvernement philippin a exprimé sa « préoccupation » face à la situation au Venezuela, tout en réaffirmant son attachement aux principes du droit international.
L’alliance de longue date entre les Philippines et les États-Unis est remise en question suite à l’arrestation de Nicolás Maduro. Des législateurs et analystes philippins estiment que cette action complique la capacité du pays à défendre un ordre international basé sur des règles, en particulier dans le contexte de ses différends avec Washington en mer de Chine méridionale. Ils soulignent le risque pour les Philippines d’être accusées de deux poids, deux mesures, en invoquant le droit international face à la Chine tout en tolérant une action américaine qui semble le contourner.
Le ministère des Affaires étrangères philippin a réagi avec prudence, se contentant d’un communiqué laconique exprimant son « inquiétude face à l’évolution des événements au Venezuela ». Le département a toutefois souligné que les Philippines « mettent l’accent sur les principes pertinents du droit international, notamment l’indépendance et l’égalité souveraine des États, l’interdiction de la menace ou du recours à la force et la non-ingérence dans les affaires intérieures des États souverains ».
Lundi, une manifestation, bien que peu nombreuse, s’est tenue devant l’ambassade américaine à Manille pour dénoncer l’intervention militaire de Washington au Venezuela. Les manifestants brandissaient des pancartes appelant au respect de la souveraineté nationale.
Cette situation est d’autant plus sensible que les Philippines occupent la présidence de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) cette année, ce qui accroît l’attention portée à sa position sur les questions internationales. Le rôle de plus proche allié de Washington en matière de sécurité dans la région rend la position des Philippines particulièrement scrutée.
