Publié le 31 octobre 2025 à 01h01. Des microplastiques, particules de plastique invisibles à l’œil nu, ont été détectés dans l’eau de pluie à Jakarta, soulevant des questions sur leur impact potentiel sur la santé humaine, bien que les autorités sanitaires indonésiennes minimisent pour l’instant tout risque immédiat.
- Des recherches récentes ont confirmé la présence de microplastiques dans l’eau de pluie de la capitale indonésienne, Jakarta.
- L’exposition humaine à ces particules se ferait principalement par la consommation d’aliments et de boissons contaminés, ainsi que par inhalation.
- Le ministère indonésien de la Santé appelle à la prudence et à la réduction de l’utilisation du plastique à usage unique.
La présence de microplastiques ne se limite plus aux océans et à la chaîne alimentaire. Une étude menée par l’Agence nationale de recherche et d’innovation (BRIN) a révélé que ces minuscules fragments de plastique, mesurant entre moins de 5 millimètres et 1 micromètre, sont désormais présents dans l’eau de pluie. Ces particules, extrêmement difficiles à décomposer, peuvent persister longtemps dans l’environnement et se disperser dans l’air, le sol et l’eau.
Selon les chercheurs de BRIN, le cycle environnemental est désormais contaminé par les microplastiques. Le plastique dégradé sur terre ou en mer est emporté par le vent, se retrouve dans l’atmosphère, puis retombe avec les précipitations.
Aji Muhawarman, chef du Bureau d’information publique et de communication du ministère indonésien de la Santé, a tenu à rassurer la population.
« Ce phénomène doit être surveillé et non craint. C’est le signe que les particules de plastique se sont répandues très largement autour de nous. »
Aji Muhawarman, chef du Bureau d’information publique et de communication du ministère indonésien de la Santé
Il précise que l’eau de pluie ne représente pas, à l’heure actuelle, un danger direct pour la santé.
Plusieurs études indiquent que l’exposition humaine aux microplastiques se produit principalement par deux voies : l’ingestion via les aliments et les boissons (sel, fruits de mer, eau en bouteille) et l’inhalation de fibres synthétiques présentes dans les vêtements ou de poussière urbaine. Une exposition prolongée à de fortes concentrations pourrait potentiellement provoquer une inflammation des tissus corporels. De plus, les produits chimiques fixés aux microplastiques, tels que le bisphénol A (BPA) et les phtalates, pourraient perturber le système hormonal, la reproduction et le développement fœtal.
Les experts soulignent toutefois qu’il n’existe, à ce jour, aucune preuve scientifique solide établissant un lien direct entre l’exposition aux microplastiques et des maladies spécifiques. Les niveaux d’exposition dans la population générale restent faibles et font l’objet d’études continues.
En guise de prévention, Aji Muhawarman encourage la population à réduire sa consommation de plastique à usage unique, à maintenir un intérieur propre et à éviter de brûler des déchets plastiques. Il recommande également de porter un masque lors d’activités en extérieur, en particulier par temps sec ou après la pluie, non pas en raison de l’eau de pluie elle-même, mais pour limiter l’exposition à la poussière et à la pollution atmosphérique qui peuvent contenir des microplastiques.
L’utilisation de bouteilles réutilisables, de sacs de courses non plastiques et le tri des déchets sont autant de petits gestes qui peuvent contribuer à réduire la quantité de plastique dans l’environnement et à limiter la formation de nouveaux microplastiques.
