Publié le 16 décembre 2025. Des chercheurs ont mis au point une nouvelle méthode rapide pour évaluer l’efficacité des traitements contre le glioblastome, un cancer du cerveau particulièrement agressif, en analysant des marqueurs présents dans le sang des patients.
- Une nouvelle technique permet d’analyser le sang pour détecter des traces de tumeur et évaluer la réponse au traitement.
- Cette approche repose sur l’ouverture temporaire de la barrière hémato-encéphalique et l’utilisation d’une puce microfluidique, le GlioExoChip.
- Elle pourrait éviter aux patients de subir des traitements inefficaces et leurs effets secondaires associés.
Le glioblastome est un cancer du cerveau souvent fatal, en partie parce que les chirurgiens ne peuvent pas éliminer toutes les cellules tumorales et que de nombreux médicaments ont du mal à pénétrer la barrière hémato-encéphalique, une protection naturelle du cerveau. Cette barrière constitue un obstacle majeur au développement de traitements efficaces et à la surveillance de la réponse des patients.
Des chercheurs de Northwestern Medicine, en collaboration avec l’Université du Michigan, ont exploré une nouvelle voie pour surmonter ce défi. Ils ont déjà mené des essais avec l’appareil Sonocloud-9 de Carthera, basé à Lyon, en France, un dispositif d’échographie thérapeutique qui ouvre temporairement la barrière hémato-encéphalique pendant environ une heure pour faciliter l’administration de chimiothérapie. Une nouvelle analyse, publiée dans la revue Communications Naturales, révèle que cette ouverture permet également aux composants de la tumeur de s’infiltrer dans le sang, offrant ainsi une opportunité unique d’évaluer la réponse au traitement.
L’équipe a concentré ses efforts sur l’analyse de minuscules particules libérées par les tumeurs cérébrales, appelées vésicules extracellulaires (VE) ou exosomes. Selon le neurochirurgien Adam Sonabend, de Northwestern Medicine,
« Au lieu de retirer du tissu tumoral, nous avons analysé le sang à la recherche de matériel tumoral, appelé vésicules extracellulaires ou exosomes. »
Adam Sonabend, neurochirurgien à Northwestern Medicine
Il explique que, jusqu’à présent, l’analyse du liquide céphalo-rachidien pour détecter des marqueurs tumoraux était compromise par la barrière hémato-encéphalique.
Pour isoler et étudier ces vésicules extracellulaires, les chercheurs de Northwestern Medicine ont collaboré avec des scientifiques de l’Université du Michigan pour développer le GlioExoChip, une puce microfluidique capable d’isoler les exosomes dérivés de la tumeur. Ce dispositif offre un moyen moins invasif de surveiller la réponse au traitement.
Mark Youngblood, résident en neurochirurgie à Northwestern Medicine et co-auteur principal de l’étude, souligne l’importance de cette avancée :
« L’ouverture de la barrière hémato-encéphalique permet de mesurer les vésicules dérivées de la tumeur dans le sang, fournissant ainsi un signal de biopsie liquide cliniquement significatif. Le GlioExoChip offre un moyen rapide et peu invasif de surveiller la réponse au traitement dans une maladie où les examens IRM donnent souvent des résultats trompeurs. »
Mark Youngblood, résident en neurochirurgie à Northwestern Medicine
Sunitha Nagrath, professeure de génie chimique à l’Université du Michigan, explique le défi technique :
« De minuscules particules flottent dans le sang du patient, appelées vésicules extracellulaires, qui ont été libérées par les cellules cancéreuses. Ces particules agissent comme des messagers, transportant des morceaux spéciaux de matériel génétique tumoral et de protéines. Le grand défi consiste à trouver et à extraire uniquement celles qui proviennent de cellules cancéreuses et non d’ailleurs dans le corps. »
Sunitha Nagrath, professeure de génie chimique à l’Université du Michigan
Les prochaines étapes de la recherche consisteront à valider ces résultats avec d’autres types de thérapies et à explorer la possibilité d’appliquer cette approche à d’autres cancers du cerveau. Le Dr Sonabend est optimiste :
« Au lieu d’attendre des mois, après une dose, nous pouvons savoir si un traitement donné fonctionne. C’est énorme pour les patients atteints de glioblastome. Cela pourrait potentiellement empêcher les patients de recevoir des traitements prolongés inefficaces, évitant ainsi également les effets secondaires inutiles. »
Adam Sonabend, neurochirurgien à Northwestern Medicine
Cette étude a été financée principalement par les National Institutes of Health. Un soutien supplémentaire a été apporté par le Lou et Jean Malnati Brain Tumor Institute du Robert H. Lurie Comprehensive Cancer Center de l’Université Northwestern, la Moceri Family Foundation, l’Université du Michigan Forbes Institute for Cancer Discovery, le Département de la Défense des États-Unis, l’American Brain Tumor Association, Tap Cancer Out et la Focused Ultrasound Foundation.
