Publié le 19 décembre 2025 14:53:00. Des chercheurs ont mis au point une méthode innovante pour étudier les baleines en prélevant des échantillons de leur haleine grâce à des drones, offrant ainsi un aperçu inédit de la santé de ces animaux marins sans les perturber.
- Une nouvelle technique de collecte d’échantillons d’haleine de baleine par drone a été développée.
- Cette méthode permet d’identifier des virus, comme le morbillivirus des cétacés, chez des animaux sauvages et vivants.
- Les chercheurs envisagent d’utiliser cette technologie pour étudier l’impact des parcs éoliens en mer sur la faune marine.
L’étude des baleines, créatures majestueuses mais difficiles d’approche, représente un défi majeur pour les scientifiques. Les méthodes traditionnelles, souvent invasives, sont limitées par le statut protégé de ces animaux. Une équipe de chercheurs a donc exploré une approche novatrice : l’utilisation de drones équipés de boîtes de Pétri pour collecter les gouttelettes d’air expiré par les baleines lors de leur respiration.
« C’est comme prélever un échantillon de joue, comme collecter de la morve », explique avec enthousiasme Kingma, faisant référence à la simplicité et au caractère non invasif de la technique. L’intérêt de cette méthode réside dans le fait qu’elle ne perturbe pas les animaux, se contentant de survoler brièvement la baleine pour capturer son haleine.
Lonneke IJsseldijk, chercheuse à l’Université d’Utrecht, qualifie cette approche d’« alternative très intéressante » aux méthodes plus traditionnelles qui consistent à étudier des animaux échoués ou à capturer des poissons et des crustacés à des fins de recherche. « Nous étions un peu dans le flou », ajoute-t-elle, soulignant la difficulté d’étudier une espèce qui passe la majeure partie de sa vie sous l’eau.
Jusqu’à présent, la recherche sur les baleines se limitait principalement à l’étude des animaux morts échoués sur les côtes. IJsseldijk étudie ainsi les marsouins cétacés de la mer du Nord, mais reconnaît que ces spécimens ne sont généralement pas en bonne santé. La possibilité d’analyser des échantillons provenant de baleines sauvages et vivantes représente donc une avancée significative, une « nouvelle pièce du puzzle », selon Kingma.
L’utilisation de drones dans la recherche sur les baleines n’est pas nouvelle, mais elle se développe rapidement avec la baisse des coûts et la facilité d’utilisation de ces appareils. Les scientifiques les utilisent déjà pour prélever des échantillons d’eau dans des zones difficiles d’accès et pour compter les baleines à partir de photographies. L’institut de recherche Wageningen Marine Research, par exemple, utilise des drones dans la région des Wadden pour surveiller les phoques et évaluer leur état de santé, notamment leur niveau de graisse. IJsseldijk précise que des recherches sont en cours pour adapter cette technique aux marsouins.
L’attachement de boîtes de Pétri aux drones dans cette étude particulière a permis une découverte importante : l’identification du morbillivirus des cétacés. Ce virus, potentiellement mortel, se propage facilement entre les animaux vivant en groupe, comme les dauphins. Heureusement, les marsouins de la mer des Pays-Bas semblent moins vulnérables, car ils ne vivent pas en colonies denses et le virus résiste moins bien aux températures froides. La découverte du virus dans l’Arctique rend cette recherche d’autant plus pertinente.
« Au lieu de le trouver chez les animaux morts, nous le trouvons désormais également chez les animaux sauvages encore pleins de vie », souligne Kingma. Cette observation pourrait remettre en question la perception de la virulence du virus.
IJsseldijk entrevoit un potentiel considérable pour cette technologie en mer du Nord, notamment pour évaluer l’impact des parcs éoliens sur la faune marine. « Que nous disent les échantillons d’haleine des marsouins qui nagent là-bas ? » se demande-t-elle.
Kingma se montre optimiste quant aux perspectives de recherche future. Il espère que cette technique permettra également d’étudier le patrimoine génétique des baleines, d’identifier les différentes espèces, de déterminer la taille des familles et de comprendre les relations entre les individus. « Ce serait super cool », conclut-il.
Rappel : une baleine de grande taille s’est échouée sur la côte espagnole cette semaine, nécessitant son découpage pour faciliter son déplacement.
