Publié le 11 novembre 2025 à 15h05. Le Système mondial d’observation du climat (SMOC) alerte sur une crise financière majeure qui menace sa capacité à suivre et à comprendre les évolutions climatiques cruciales, notamment celles affectant l’Irlande et son climat tempéré.
- Le retrait du financement américain met en péril l’existence même du SMOC, organisme essentiel à la collecte de données climatiques.
- L’avenir de l’étude de la circulation méridienne de retournement atlantique (AMOC), un courant océanique vital pour le climat européen, est compromis par ce manque de ressources.
- Des lacunes importantes persistent dans la collecte de données, notamment en Amazonie et dans l’Arctique, rendant les prévisions climatiques incertaines.
La capacité à suivre précisément les systèmes météorologiques et climatiques, et donc à anticiper leurs impacts, est compromise par une crise financière qui frappe le Système mondial d’observation du climat (SMOC). L’annonce a été faite lors du sommet sur le climat Cop30 à Belém, au Brésil, où des scientifiques ont exprimé leur inquiétude face à la perte de financement américain.
Thelma Krug, présidente du comité directeur du SMOC, a déclaré avec préoccupation :
« Nous avons appris avec la plus grande inquiétude que le SMOC est confronté à des difficultés qui remettent en question son existence même. Nous avons eu un paiement [des États-Unis] pour 2024 mais nous n’avons pas eu de paiement pour 2025. C’est un gros choc financier. »
Thelma Krug, présidente du comité directeur du SMOC
Elle a ajouté que, si la situation persiste, l’organisation pourrait ne pas pouvoir fonctionner au-delà de 2027.
Le SMOC, créé après le Sommet de la Terre de Rio en 1992, joue un rôle crucial dans l’identification des lacunes en matière de données climatiques et dans la mise en place des outils nécessaires pour les combler. Une attention particulière est portée à l’AMOC, un système de courants océaniques qui influence considérablement le climat de l’Irlande, lui conférant une douceur inhabituelle pour sa latitude. Les scientifiques s’inquiètent d’un possible ralentissement, voire d’un effondrement de ce courant, qui pourrait entraîner des hivers rigoureux comparables à ceux du Canada.
L’océanographe Karina Von Schuckmann a souligné l’urgence de disposer de données plus robustes :
« Les modèles montrent des résultats contradictoires et les données sont limitées. Sans observations plus robustes, l’avenir de l’AMOC et de notre climat restera vraiment incertain. Sans observation des océans à long terme, la politique climatique tourne à l’aveugle. »
Karina Von Schuckmann, océanographe
Frank McGovern, climatologue en chef à l’Agence irlandaise de protection de l’environnement, a précisé que les informations fournies par le SMOC sont essentielles non seulement pour comprendre les tendances climatiques à long terme, mais aussi pour prévenir la transformation d’événements météorologiques extrêmes en catastrophes. Il a décrit le travail du SMOC comme une collecte de données « des profondeurs de l’océan jusqu’au sommet de l’atmosphère, et tout le reste », incluant les observations météorologiques, les gaz à effet de serre, les forêts, les rivières, les lacs, la cryosphère et les océans.
Outre les difficultés liées à l’AMOC, le SMOC s’efforce de mieux comprendre les changements en cours dans des régions sensibles comme l’Amazonie, où les impacts des incendies et de la déforestation sont mal quantifiés, et l’Arctique, où la fonte des glaces marines et l’acidification des eaux s’accélèrent à un rythme alarmant. Le SMOC dispose d’une liste de projets nécessitant des milliards de dollars, notamment pour le déploiement de satellites, mais son avenir reste incertain en l’absence d’un financement adéquat.
Pour en savoir plus sur les plans de réduction des émissions soumis par différents pays lors de la Cop30, consultez cet article.


