Publié le 2024-10-27 14:30:00. Les professionnels de la petite enfance sont confrontés à une diversité croissante de besoins chez les enfants. Maria Bühler, psychologue, livre des clés pour mieux accompagner les enfants présentant des troubles neurodéveloppementaux (TND) dès la maternelle, en misant sur l’observation, l’adaptation et la communication avec les parents.
- Adapter les activités aux impulsions et aux besoins spécifiques de chaque enfant est essentiel.
- La curiosité et l’attention individualisée permettent de mieux comprendre les difficultés et les forces de chaque enfant.
- Un environnement apaisé et structuré, ainsi qu’une communication ouverte avec les parents, favorisent l’épanouissement de tous les enfants.
Maria Bühler, auteure du livre « NPF en maternelle » (Troubles du neurodéveloppement à la maternelle), souligne l’importance d’une approche personnalisée face à la diversité des profils d’enfants accueillis en école maternelle. Elle insiste sur le fait qu’il ne faut pas chercher à uniformiser les pratiques, mais au contraire, s’adapter aux spécificités de chacun.
Selon Mme Bühler, il est crucial d’observer attentivement les enfants et de prendre en compte leurs réactions face aux différentes activités proposées. Elle prend l’exemple de Julia, un enfant fictif présentant des caractéristiques de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).
« En tant qu’éducatrice, vous ne devez pas seulement voir l’adorable et créative Julia, mais aussi prêter attention au fait que Julia a commencé cinq activités différentes en peu de temps. Vous devrez peut-être aider à ralentir en vous asseyant et en encourageant Julia à rester dans le jeu. »
Maria Bühler, psychologue et auteure de « NPF en maternelle »
Pour aider ces enfants à se concentrer, l’auteure suggère d’utiliser des supports visuels, comme un tableau d’activités proposant un choix limité d’options.
Mme Bühler met également en garde contre les approches standardisées. Elle rappelle que chaque enfant est unique et que ce qui fonctionne pour l’un ne fonctionnera pas nécessairement pour l’autre.
« Il n’y a pas de « taille unique ». Une grande partie de ce que nous sommes est innée. Dans un groupe d’enfants, nous avons 20 cerveaux différents, et non un groupe uniforme. »
Maria Bühler, psychologue et auteure de « NPF en maternelle »
Elle encourage les éducateurs à être attentifs aux besoins spécifiques de chaque enfant, par exemple en proposant des activités plus calmes à ceux qui ont beaucoup d’énergie, ou en adaptant les supports d’apprentissage à ceux qui ont des difficultés à se concentrer. Elle souligne également l’importance de respecter les préférences de jeu de chaque enfant, en particulier pour les enfants autistes qui peuvent avoir des difficultés avec les jeux de rôle et les jeux imaginaires.
L’auteure insiste sur la nécessité de créer un environnement stimulant mais pas surstimulant. Elle évoque le concept de « rondes de clarté », imaginé par la comportementaliste Anna Sjölund, qui consiste à examiner régulièrement l’environnement de la classe pour identifier les sources de distraction et d’inconfort.
Enfin, Maria Bühler appelle à oser parler d’intelligence et à reconnaître l’existence de troubles d’apprentissage et de haut potentiel intellectuel. Elle souligne l’importance d’écouter les parents et de prendre en compte leurs observations, car les filles, en particulier, ont souvent tendance à masquer leurs difficultés.
« En tant que parent, vous voulez de la transparence – si vous ressentez de l’anxiété à propos d’un enfant, invitez les parents dès le début à une conversation où vous pourrez identifier les défis. »
Maria Bühler, psychologue et auteure de « NPF en maternelle »
Elle recommande également de se concentrer sur les observations quotidiennes et de ne pas hésiter à solliciter l’aide de professionnels spécialisés en cas de besoin.
