Dans une virulente attaque contre les immigrés somaliens, Donald Trump a utilisé un langage particulièrement offensant, qualifiant certains d’« ordures » et ravivant les tensions autour de sa politique migratoire. Cette sortie intervient alors que les autorités fédérales lancent une opération ciblée dans le Minnesota et que l’ancien président durcit son discours suite à un récent incident de tir à Washington.
Lors d’une réunion de cabinet à la Maison Blanche, le 2 décembre, Donald Trump s’est emporté contre les personnes originaires de Somalie, affirmant qu’elles « ne font que se plaindre » et qu’elles devraient « retourner d’où elles viennent et arranger les choses là-bas ». Il a également qualifié la députée démocrate Ilhan Omar, réfugiée somalienne naturalisée américaine, d’« ordure », ainsi que ses « amis ».
« Ceux qui viennent de l’enfer et qui se plaignent, qui ne font rien d’autre que râler, on n’en veut pas dans notre pays », a-t-il déclaré, tandis que son vice-président, J.D. Vance, aurait frappé la table en signe d’approbation. Trump a également dépeint la Somalie comme un pays « pourri ».
Cette rhétorique incendiaire s’inscrit dans la continuité des propos controversés de Donald Trump sur l’immigration, notamment ses remarques désobligeantes sur les pays africains et haïtiens qu’il avait qualifiés de « trous de merde » lors de son premier mandat. Les Somaliens, et en particulier Ilhan Omar, sont régulièrement la cible de ses attaques.
« Cette fixette sur moi est flippante », a réagi Ilhan Omar sur les réseaux sociaux, exprimant son espoir que l’ancien président reçoive « l’aide psychologique dont il a désespérément besoin ».
Les maires de Minneapolis et de Saint Paul ont fermement condamné les propos de Donald Trump, les jugeant « irresponsables et dangereux ». Melvin Carter, maire de Saint Paul, a rappelé que le fondement même du pays repose sur la question de savoir « qui est ce ‘nous’, qui on inclut dans ce ‘nous’ ».
L’ancien président a durci son discours anti-immigration suite à une fusillade le 26 novembre à Washington, impliquant un ressortissant afghan. Il a depuis gelé les demandes d’asile, annoncé un réexamen des cartes vertes délivrées à des personnes originaires de pays considérés comme « préoccupants », et suspendu toutes les demandes d’immigration en provenance de 19 pays, dont l’Afghanistan, la Somalie, le Yémen et le Venezuela.
Par ailleurs, Donald Trump a profité d’une enquête pour fraude aux aides sociales impliquant certains membres de la diaspora somalienne au Minnesota pour accuser les Somaliens de « prendre le contrôle » de l’État et d’être responsables de la criminalité. Ses alliés, comme la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem, ont également tenu des propos virulents, appelant à une « interdiction totale d’entrée sur le territoire pour tous les pays qui inondent notre nation d’assassins, de parasites et d’assistés ».
Des experts mettent en garde contre les conséquences de cette rhétorique déshumanisante. Robert Pape, de l’université de Chicago, souligne que l’utilisation du terme « ordures » est particulièrement dangereuse, car elle « n’évoque pas quelque chose d’humain, mais quelque chose dont on peut se débarrasser sans problème », et peut ainsi encourager la violence.
Lors de la réunion de cabinet du 2 décembre, Donald Trump a également semblé somnoler à plusieurs reprises, avant de se réveiller et de s’emporter sur le sujet de l’immigration. Il a critiqué le gouverneur démocrate du Minnesota, Tim Walz, le qualifiant d’« incapable » et remettant en question sa gestion de la communauté somalienne.
Contexte
Depuis son entrée en politique, Donald Trump a fait de la lutte contre l’immigration un pilier de son programme, employant un langage souvent controversé et accusant les immigrés de divers maux. La Somalie et ses ressortissants sont régulièrement visés par ses critiques.
Ce qui change
Les nouvelles mesures restrictives sur l’immigration, notamment la suspension des demandes en provenance de 19 pays, pourraient avoir un impact significatif sur les réfugiés et les demandeurs d’asile. L’opération de police fédérale dans le Minnesota pourrait entraîner des expulsions et des arrestations.
Prochaines étapes
Il faudra surveiller l’évolution de l’enquête pour fraude aux aides sociales au Minnesota et les réactions des élus et des organisations de défense des droits des immigrés. Les prochaines échéances politiques pourraient également influencer la rhétorique et les politiques de Donald Trump en matière d’immigration.
