Publié le 2024-02-29 10:35:00. Longtemps considérée comme une maladie principalement héréditaire, la maladie de Parkinson serait en réalité davantage liée à des facteurs environnementaux, notamment l’exposition à certains produits chimiques présents dans l’eau et l’air, selon de nouvelles recherches.
- Une étude américaine portant sur plus de 340 000 personnes a établi un lien entre l’exposition à long terme au trichloréthylène (TCE) dans l’eau potable et un risque accru de développer la maladie de Parkinson.
- Des études de cas, notamment sur des jumeaux, confirment un risque significativement plus élevé chez les personnes exposées professionnellement au TCE.
- L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) appelle à réduire l’exposition aux pesticides, au TCE et autres neurotoxiques pour prévenir la maladie.
La maladie de Parkinson, caractérisée par des tremblements, une rigidité musculaire et des troubles de la coordination, affecte des millions de personnes dans le monde. Si les facteurs génétiques jouent un rôle, une part croissante de neurologues estime que l’environnement est un facteur déterminant dans l’augmentation observée des cas, avec une prévalence ayant presque doublé en 25 ans.
Une vaste étude américaine, menée auprès de plus de 340 000 participants, a révélé qu’une exposition prolongée au trichloréthylène (TCE) dans l’eau potable était associée à un risque d’environ 70 % plus élevé de développer la maladie de Parkinson des décennies plus tard. Une analyse nationale complémentaire, portant sur plus de 220 000 bénéficiaires de Medicare, a montré que les personnes vivant dans des zones présentant les concentrations extérieures de TCE les plus élevées avaient une probabilité d’environ 10 % supérieure de développer la maladie par rapport à celles vivant dans des régions moins polluées. L’intensité de l’effet est directement liée à la durée de l’exposition.
Le TCE, un solvant industriel utilisé notamment pour le dégraissage, ne se trouve pas uniquement dans les usines. Il contamine également les sols et les nappes phréatiques, finissant par se retrouver dans l’eau potable. Des études de cas renforcent ces conclusions. Une étude classique menée sur des jumeaux a révélé que le jumeau exposé professionnellement au TCE présentait un risque six fois plus élevé de développer la maladie de Parkinson que son frère non exposé. D’autres rapports font état de groupes d’ouvriers d’usine ayant développé la maladie, ainsi que des symptômes parkinsoniens subtils, après des années d’exposition au TCE.
Les neurologues évoquent de plus en plus une « cause invisible » de la maladie de Parkinson, dont les effets ne se manifestent que plusieurs décennies après l’exposition initiale. Bien que certaines mutations génétiques puissent augmenter le risque, elles ne suffisent pas à expliquer l’augmentation globale du nombre de cas. Face à ces constats, l’OMS recommande explicitement de réduire l’exposition aux pesticides, au TCE et à d’autres substances neurotoxiques comme stratégie de prévention efficace. Si la maladie de Parkinson est en partie liée à l’environnement, la protection de celui-ci devient alors une forme de protection neurologique.
