Publié le 16 décembre 2025 à 22h45. L’ancien ministre indonésien des Affaires religieuses, Yaqut Cholil Qoumas, a été interrogé pendant huit heures par la Commission d’éradication de la corruption (KPK) dans le cadre d’une enquête sur des allégations de corruption liées à l’attribution des quotas du pèlerinage de La Mecque pour 2023-2024.
- Yaqut Cholil Qoumas a été interrogé par la KPK pendant environ huit heures concernant des irrégularités dans la distribution des quotas du Hajj.
- L’enquête porte sur un quota supplémentaire de 20 000 pèlerins obtenu par l’Indonésie en 2024.
- La KPK soupçonne des pertes pour l’État de 1 000 milliards de roupies indonésiennes (environ 62 millions d’euros) dans cette affaire.
L’ancien ministre des Affaires religieuses, Yaqut Cholil Qoumas (YCQ), a quitté le siège de la KPK à Jakarta mardi soir, après un interrogatoire approfondi. Il n’a pas souhaité commenter les détails de l’enquête à la presse.
Selon les informations recueillies par detik.com, M. Qoumas est arrivé à la KPK vers 11h43, vêtu d’une chemise marron et d’une casquette noire. L’interrogatoire a débuté à 11h46 et s’est achevé vers 20h13.
À son départ, M. Qoumas s’est limité à déclarer :
« J’ai fourni tous les renseignements demandés aux enquêteurs. Veuillez vous adresser directement à eux pour plus de détails. »
Yaqut Cholil Qoumas, ancien ministre des Affaires religieuses
L’enquête de la KPK concerne des allégations de corruption liées à la distribution d’un quota supplémentaire de 20 000 places pour le Hajj en 2024. L’Indonésie avait obtenu ce quota additionnel grâce aux efforts du président Joko Widodo (Jokowi) auprès des autorités saoudiennes, dans le but de réduire les longues années d’attente – pouvant atteindre plus de 20 ans – pour les pèlerins indonésiens.
Initialement, l’Indonésie disposait d’un quota de 221 000 pèlerins pour 2024. L’ajout de 20 000 places a porté le quota total à 241 000. Cependant, ce quota supplémentaire a été divisé en deux : 10 000 places pour le Hajj régulier et 10 000 pour le Hajj spécial.
La législation indonésienne encadre le Hajj spécial, limitant son quota à 8 % du quota total. En 2024, l’Indonésie a finalement alloué 213 320 places pour le Hajj régulier et 27 680 pour le Hajj spécial.
La KPK estime que la politique mise en œuvre sous l’ère Yaqut a empêché 8 400 pèlerins inscrits depuis plus de 14 ans de partir en pèlerinage en 2024, malgré la disponibilité du quota supplémentaire. L’agence anti-corruption a également fait état de soupçons de pertes financières pour l’État s’élevant à 1 000 milliards de roupies indonésiennes (environ 62 millions d’euros). Des perquisitions ont été menées, conduisant à la saisie de biens immobiliers, de véhicules et de sommes d’argent en devises étrangères.
