Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a tenu des propos incendiaires appelant à l’arrestation du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, allant jusqu’à suggérer que des pays tiers pourraient l’enlever. Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions internationales exacerbées autour du conflit israélo-palestinien.
Lors d’une interview télévisée diffusée jeudi, Asif a qualifié Netanyahu de « pire criminel de l’humanité », affirmant qu’aucune atrocité historique ne pouvait se comparer aux souffrances infligées aux Palestiniens à Gaza. Il a déclaré : « Aucune communauté n’a fait ce qu’Israël a fait aux Palestiniens au cours des 4 000 à 5 000 dernières années. [Netanyahu] est le plus grand criminel de l’humanité. Le monde n’a pas vu de plus grand criminel. »
Le ministre a même évoqué la possibilité que les États-Unis ou la Turquie procèdent à l’enlèvement de Netanyahu, ajoutant que « les Pakistanais prient pour cela ». Il a également soulevé la question de la responsabilité pénale des soutiens de Netanyahu, suscitant l’intervention du présentateur de l’émission, Hamid Mir, qui a interrompu l’interview par crainte que ces propos ne soient interprétés comme une allusion à l’ancien président américain Donald Trump. Mir a précisé qu’Asif ne serait plus autorisé à poursuivre l’émission après une pause publicitaire.
Le Pakistan ne reconnaît pas l’État d’Israël et entretient officiellement des relations de fraternité et de coopération régionale avec l’Iran. Ces déclarations interviennent alors que des discussions ont lieu concernant une éventuelle force internationale de stabilisation à Gaza.
De son côté, l’ambassadeur d’Israël en Inde, Reuven Azar, a exprimé de vives inquiétudes quant à l’éventuelle participation de l’armée pakistanaise à une telle force. Dans une interview accordée à NDTV, il a souligné les liens croissants entre le Hamas et des groupes terroristes basés au Pakistan, notamment Lashkar-e-Taiba. « Nous ne serions pas à l’aise avec le rôle de l’armée pakistanaise à Gaza, compte tenu de ses liens avec des organisations terroristes radicales », a-t-il affirmé, rejetant ainsi la proposition d’une implication militaire pakistanaise dans le cadre du plan de Trump pour Gaza.
Ces propos interviennent après que le même gouvernement pakistanais ait proposé Donald Trump pour le prix Nobel de la paix, ce qui soulève des questions sur la cohérence de sa position et sa perception de la neutralité des États-Unis.
