L’acteur américain Kevin Spacey devra de nouveau se défendre devant les tribunaux londoniens l’année prochaine, cette fois dans le cadre d’une action civile pour agressions sexuelles. Ces nouvelles poursuites interviennent trois ans après son acquittement dans une affaire pénale similaire.
Trois hommes intentent un procès à l’acteur oscarisé de 66 ans, en lien avec son passage de directeur artistique au théâtre Old Vic. Les plaintes déposées devant la Haute Cour concernent des allégations d’agressions sexuelles présumées sur des hommes plus jeunes, dont deux étaient de jeunes acteurs travaillant au théâtre, entre 2000 et 2015, selon les documents judiciaires.
Kevin Spacey a nié formellement deux des accusations et n’a pas encore présenté de défense pour la troisième. Deux des plaignants avaient déjà été impliqués dans le procès pénal qui s’était tenu à Londres en 2023 et s’était soldé par son acquittement de neuf chefs d’accusation.
L’un des plaignants, l’acteur Ruari Cannon, poursuit également le théâtre Old Vic. Il a choisi de lever l’anonymat qui le protégeait, contrairement aux deux autres hommes, identifiés uniquement par les initiales LNP et GHI. LNP affirme avoir été « délibérément agressé » à 12 reprises entre 2000 et 2005. GHI, quant à lui, relate avoir subi des « dommages psychiatriques et des pertes financières » suite à une agression survenue en 2008 lors d’un atelier au Old Vic.
Lors d’une audience préliminaire hier, la juge Christina Lambert a fixé une durée provisoire de trois semaines pour l’audience, prévue à partir du 12 octobre 2026. Elle a précisé qu’il reste à déterminer si les trois affaires seront jugées ensemble ou séparément. Les avocats des plaignants plaident pour un seul procès, tandis que la défense préférerait des audiences distinctes.
Ces nouvelles poursuites surviennent alors que la carrière de Kevin Spacey, autrefois brillante, a été durablement affectée par les multiples accusations d’agressions sexuelles qui ont émergé en 2017, dans le sillage du mouvement #MeToo. En 2022, un tribunal new-yorkais avait déjà rejeté les accusations d’agression sexuelle portées par l’acteur Anthony Rapp, datant du début des années 1980.
Récemment, Spacey avait déclaré dans une interview au Daily Telegraph qu’il se trouvait dans une situation précaire en matière de logement. « Je vis dans des hôtels, dans des Airbnb », avait-il confié. « Je vais là où se trouve le travail. Je n’ai littéralement pas de maison, c’est ce que j’essaie d’expliquer… Les coûts au cours de ces sept dernières années ont été astronomiques. J’ai reçu très peu de revenus et tout est sorti. »
L’acteur a ensuite publié une vidéo sur Instagram pour clarifier ses propos, affirmant avoir été « vraiment touché » par les nombreuses offres d’hébergement qu’il avait reçues. Il a toutefois nuancé son témoignage, précisant qu’il ne se considérait pas comme « sans abri au sens familier du terme ». Il a également critiqué la manière dont l’article du Telegraph avait été formulé, dénonçant un « titre sciemment trompeur » visant à attirer les clics.
Plus tôt cette année, Spacey avait également réfuté les allégations de Guy Pearce, qui affirmait avoir été « ciblé » par l’acteur sur le plateau du film LA Confidential. Il avait alors lancé à son ancienne co-star : « Grandis, Guy Pearce. Tu n’es pas une victime. »
