Téhéran est le théâtre d’une répression accrue contre les manifestations qui secouent l’Iran depuis plusieurs jours. Les autorités iraniennes ont intensifié leurs efforts pour couper les communications et identifier les participants aux protestations, allant jusqu’à des perquisitions au domicile des citoyens.
Selon des sources locales, les forces de sécurité, notamment des agents liés au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), effectuent des visites domiciliaires à Téhéran sous prétexte de vérifications techniques (eau, électricité) afin de confisquer les antennes paraboliques et les enregistrements de systèmes de vidéosurveillance. L’objectif affiché est d’identifier les manifestants et de restreindre l’accès à l’information, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Cette répression s’inscrit dans un contexte de coupure quasi-totale des télécommunications à l’échelle nationale, entamée le 8 janvier. La perturbation des réseaux de téléphonie mobile a contraint de nombreux Iraniens à se tourner vers les équipements satellitaires comme unique moyen de communication.
À ce stade, l’interruption d’Internet en Iran dépasse les 100 heures, selon l’observatoire NetBlocks, isolant davantage la population et entravant la diffusion d’informations sur les troubles en cours. Cette panne a engendré une montée de l’inquiétude et de l’anxiété parmi les citoyens iraniens, ainsi que dans la diaspora.
La situation a suscité des réactions internationales. Philippe Bolopion, directeur exécutif de Human Rights Watch, a dénoncé une panne orchestrée pour dissimuler des informations « très préoccupantes concernant des meurtres à grande échelle de manifestants commis par les forces de sécurité ». Il a également exprimé son inquiétude quant aux arrestations et aux accusations portées contre des personnes qualifiées d’« ennemis de Dieu », passibles de la peine de mort en Iran.
« Nous sommes face à une situation d’urgence et appelons le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil des droits de l’homme à se saisir de la question et à adresser un message fort aux dirigeants iraniens, leur rappelant qu’ils seront tenus responsables de leurs actes », a déclaré M. Bolopion sur X (anciennement Twitter).
La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a également condamné la violence en Iran. « Les meurtres et la répression brutale de manifestants pacifiques en Iran sont horribles », a-t-elle déclaré après un entretien avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Araghchi. « J’ai demandé au gouvernement iranien de mettre fin immédiatement à la violence, de respecter les droits et libertés fondamentaux et de garantir la sécurité des ressortissants britanniques. »
Les États-Unis ont conseillé à leurs citoyens de quitter l’Iran sans délai, en utilisant leurs propres moyens et sans compter sur une assistance gouvernementale. L’ambassade virtuelle américaine a précisé que les frontières terrestres avec l’Arménie, la Turquie et le Turkménistan restent ouvertes, sous réserve de certaines conditions. L’entrée en Azerbaïdjan est restreinte, et les voyages vers l’Afghanistan, l’Irak ou la frontière pakistano-iranienne sont déconseillés.
Par ailleurs, des responsables américains ont indiqué que l’administration Trump avait été informée de la situation et étudiait diverses options, incluant des frappes militaires, des cyberopérations et des actions psychologiques visant à soutenir les manifestants. Ces opérations pourraient être menées de manière coordonnée ou de façon autonome, selon des planificateurs militaires.
