Publié le 12 décembre 2025 à 15h34. Les moutons et les chèvres possèdent une particularité visuelle surprenante : des pupilles rectangulaires, une adaptation évolutive qui leur confère un avantage crucial pour détecter les prédateurs et assurer leur survie.
Si vous fixez longuement un mouton ou une chèvre dans les yeux, vous risquez d’attirer l’attention de son propriétaire. Mais avant toute méfiance, vous remarquerez peut-être un détail étonnant : contrairement aux humains, leurs pupilles ne sont pas rondes, mais allongées et horizontales.
Les moutons, les chèvres, les cerfs et les antilopes appartiennent à la famille des ruminants, des animaux qui ont la particularité de « remâcher » leur nourriture. Au-delà de leur régime alimentaire spécifique, ces animaux partagent une caractéristique importante : une vigilance constante face aux prédateurs. C’est dans ce contexte que la forme rectangulaire de leurs pupilles prend tout son sens.
Selon Marty Banks, chercheur au Banks’ Lab de l’UC Berkeley, la forme de la pupille n’est pas le fruit du hasard.
« Les pupilles horizontales – à une seule exception près que nous avons identifiée – sont associées aux proies. »
Marty Banks, chercheur au Banks’ Lab de l’UC Berkeley
Les proies ont généralement les yeux positionnés sur les côtés de la tête, contrairement aux humains qui les ont en face. Cette disposition leur offre un champ de vision d’environ 360 degrés, leur permettant de détecter les menaces venant de toutes les directions. Les pupilles allongées maximisent cette vision périphérique en laissant entrer davantage de lumière.
En d’autres termes, une pupille horizontale permet à plus de lumière d’atteindre les côtés de la rétine, améliorant ainsi la capacité de l’animal à percevoir ce qui se passe dans son environnement, notamment derrière lui.
Cette forme particulière offre également un avantage optique supplémentaire.
« Le fait que la pupille soit striée a pour effet d’accentuer le contour horizontal… ils en ont probablement besoin pour garder les pieds sur terre lorsqu’ils tentent d’échapper aux prédateurs. »
Marty Banks, chercheur au Banks’ Lab de l’UC Berkeley
Cela signifie que les pupilles en forme de ligne aident les animaux à mieux distinguer les contours du sol, un atout précieux lorsqu’ils courent pour échapper à un danger.
Une diversité de formes dans le règne animal
Le monde animal est riche en variations de formes de pupilles. Les chats, par exemple, possèdent des pupilles verticales qui les rendent d’excellents prédateurs embusqués. Les grands prédateurs, comme les humains, ont généralement des pupilles rondes. Quant aux seiches (Sepia officinalis), elles arborent des pupilles en forme de vague, presque futuristes.
Mais un animal se distingue particulièrement : la mangouste. Bien qu’étant un prédateur redoutable, ses pupilles ressemblent à celles des proies.
« Cet animal ne correspondait absolument pas à notre description. »
Marty Banks, chercheur au Banks’ Lab de l’UC Berkeley
Ce cas illustre que l’évolution ne suit pas toujours des schémas prévisibles.
Les pupilles rectangulaires des moutons et des chèvres ne sont donc pas une simple curiosité. Elles sont le résultat d’une évolution intelligente visant à maximiser la capacité de l’animal à surveiller son environnement, à affiner sa vision horizontale et, finalement, à augmenter ses chances de survie face aux prédateurs. La nature, aussi étrange puisse-elle paraître, a toujours une raison solide derrière chaque adaptation.
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