Publié le 15 janvier 2026 à 07h15. Une simple séance d’exercice de 10 minutes peut suffire à activer des mécanismes de défense contre le cancer, selon une nouvelle étude de l’Université de Newcastle. Des modifications moléculaires rapides dans le sang, induites par l’activité physique, pourraient freiner la croissance des cellules cancéreuses et favoriser la réparation de l’ADN.
- Même une courte période d’exercice intense modifie rapidement la composition moléculaire du sang.
- Ces changements semblent inhiber la prolifération des cellules cancéreuses du côlon et améliorer la réparation de l’ADN endommagé.
- L’étude a été menée sur un groupe de 30 volontaires en surpoids ou obèses, mais en bonne santé générale.
Des chercheurs de l’Université de Newcastle ont découvert que l’exercice physique, même bref, provoque une augmentation significative des niveaux de petites molécules dans le sang. Ces molécules sont connues pour leurs propriétés anti-inflammatoires, leur capacité à améliorer la santé vasculaire et à optimiser le métabolisme.
En laboratoire, l’exposition de cellules cancéreuses du côlon à du sang « activé » par l’exercice a révélé des altérations génétiques notables. Plus de 1 300 gènes ont vu leur activité modifiée, notamment ceux impliqués dans la réparation de l’ADN, la production d’énergie et la croissance tumorale. L’activité des gènes soutenant le métabolisme énergétique mitochondrial a été stimulée, permettant aux cellules d’utiliser l’oxygène plus efficacement. Parallèlement, l’expression des gènes favorisant la division cellulaire rapide a diminué, suggérant une réduction de l’agressivité des cellules cancéreuses.
L’étude a également mis en évidence l’activation du gène PNKP, un acteur clé dans la réparation de l’ADN, suite à l’exercice.
« Ce qui est remarquable, c’est que l’exercice ne profite pas seulement aux tissus sains, il envoie des signaux puissants dans la circulation sanguine qui peuvent influencer directement des milliers de gènes dans les cellules cancéreuses. À l’avenir, ces connaissances pourraient conduire à de nouvelles thérapies qui imitent les effets bénéfiques de l’exercice sur la façon dont les cellules réparent l’ADN endommagé et utilisent le carburant pour produire de l’énergie. »
Dr Sam Orange, auteur principal de la recherche
L’étude, menée sur 30 volontaires âgés de 50 à 78 ans, tous en surpoids ou obèses mais en bonne santé, a consisté en une séance de vélo intense d’environ 10 minutes. Les résultats suggèrent que même un seul effort physique de cette durée peut créer un environnement moins favorable à la croissance des cellules cancéreuses.
Les chercheurs estiment qu’une activité physique régulière pourrait réduire d’environ 20 % le risque de cancer du côlon, une maladie en augmentation. Il est important de noter que l’exercice ne se limite pas aux sports de compétition : la marche, le vélo pour se rendre au travail, le jardinage ou même les tâches ménagères peuvent contribuer à cet effet protecteur.
Pour en savoir plus sur les bienfaits de l’activité physique, vous pouvez consulter Science Quotidienne.
