Un adolescent vengeur, un canon laser extraterrestre et un festival d’effets spéciaux kitsch : le film de science-fiction Laserblast, véritable catastrophe cinématographique des années 1970, connaît un regain d’intérêt grâce au streaming et à son statut de « mauvais film culte ». Disponible gratuitement sur plusieurs plateformes, ce long-métrage est devenu un rendez-vous incontournable pour les amateurs de cinéma involontairement drôle.
Sorti en 1978, Laserblast raconte l’histoire de Billy, un adolescent malmené qui découvre un canon à énergie extraterrestre dans le désert. Poussé par le ressentiment, il décide de s’en servir pour se venger de tous ceux qui lui ont fait du tort. Mais à mesure qu’il utilise l’arme, Billy commence à perdre son humanité et à se transformer en l’une des créatures dont elle est issue. Si le concept initial laissait présager une réflexion intéressante sur la corruption du pouvoir, le film est malheureusement plombé par des dialogues affreux, un jeu d’acteur médiocre, une musique insipide et un montage chaotique.
Le personnage de Billy, dépeint comme un véritable incapable, peine à susciter la sympathie du spectateur. Harcelé, réprimandé par le grand-père de sa petite amie et constamment confronté à la police, il ne semble posséder aucune qualité rédemptrice avant de mettre la main sur l’arme extraterrestre. Le film ne fait d’ailleurs pas dans la dentelle : Billy est présenté comme un loser, et les actions des autres personnages à son égard sont justifiées. L’acquisition du pouvoir ne fait qu’exacerber ses défauts, le transformant littéralement en monstre.
Paradoxalement, les extraterrestres eux-mêmes sont l’un des rares aspects positifs du film. Réalisés en stop-motion, ces personnages attachants offrent un spectacle visuel surprenant, même pour l’époque. Laserblast est souvent cité comme l’un des pires films de science-fiction de la fin des années 1970, une période pourtant marquée par des œuvres majeures telles que Star Wars : Un nouvel espoir, Alien, le huitième passager et le désastreux Meteor avec Sean Connery. Le film avait reçu une critique mitigée de Leonard Maltin, qui lui attribuait deux étoiles et demie, une note qui est devenue une blague récurrente dans l’émission Mystery Science Theater 3000.
D’ailleurs, Laserblast a été le dernier épisode diffusé lors de la première saison de Mystery Science Theater 3000 sur Comedy Central, avant son transfert sur The Sci-Fi Channel (aujourd’hui SyFy). L’équipe de l’émission ne lui a pas fait de cadeau, et les critiques acerbes ont fusé. Le film était une cible facile, à tel point que le nom de Roddy McDowall a été mal orthographié au générique (« McDowell »). Regarder Laserblast en compagnie d’amis est donc fortement recommandé, car l’expérience est d’autant plus savoureuse.
Les mauvais films existent sous toutes les formes, et pour une production à micro-budget comme Laserblast, se moquer d’elle peut sembler un peu facile. Pourtant, ces dernières années, le film a acquis un statut de « mauvais film culte », grâce à son charme désuet. Il y a même eu des discussions sur une éventuelle suite dans les années 1980, et des figurines de Billy avec son arme ont été produites. Les dialogues affreux, les incohérences scénaristiques et le jeu d’acteur approximatif confèrent au film un charme kitsch qui manque aux productions contemporaines, comme The Electric State ou Borderlands, souvent jugées simplement ennuyeuses.
Laserblast est un échec ambitieux qui tente de raconter une histoire dépassant les capacités de l’équipe et des acteurs de l’époque. Mais cette tentative, même maladroite, est plus divertissante que les blockbusters modernes, saturés d’effets spéciaux et testés auprès de groupes de discussion jusqu’à l’asepsie de toute créativité. Ce mauvais film, très mauvais, a été réalisé avec un budget d’environ 280 000 dollars (soit l’équivalent de trois minutes d’un épisode de Stranger Things). On ne fait plus de mauvais films comme ça.
Laserblast est actuellement disponible en streaming gratuit sur Tubi, Plex et Amazon Prime Video.
