Publié le 15 octobre 2025 08:25. Une famille de la Vénétie, les Ramponi, a barricadé sa maison face à une expulsion imminente, déclenchant une crise avec les autorités après des années de litiges liés à un accident mortel et des dettes accumulées.
- Un homme de 37 ans est décédé dans un accident de la route en 2012 impliquant un des frères Ramponi, qui conduisait sans phares.
- L’assurance a refusé d’indemniser la famille de la victime, entraînant des difficultés financières pour les Ramponi.
- Des menaces de violence et d’explosion ont été proférées à l’encontre des huissiers et de la police lors de tentatives d’expulsion.
L’affaire des frères Ramponi, qui résidaient à Castel d’Azzano, près de Vérone, a pris une tournure dramatique ces dernières semaines. L’expulsion de leur maison, estimée à 140 000 euros, était prévue pour le 11 octobre, suivie d’une vente aux enchères le 25 octobre. Face à cette perspective, les trois frères ont adopté une attitude de défi total, refusant toute communication avec les autorités et menaçant de recourir à la violence.
Les racines du conflit remontent à janvier 2012, lorsqu’un des frères Ramponi a provoqué un accident mortel à Trevenzuolo. Davide Meldo, 37 ans, est décédé après avoir percuté le tracteur conduit par l’un des frères, qui circulait sans phares. L’assurance a refusé de couvrir les dommages, estimant que le conducteur était responsable de l’accident. Les Ramponi se sont alors retrouvés confrontés à une dette importante, qu’ils ont tenté de rembourser en vendant des terrains et en contractant un prêt bancaire. Selon certaines sources, le montant emprunté s’élevait à 50 000 euros, tandis que d’autres évoquent une somme de 240 000 euros.
En 2014, les frères ont reçu l’argent du prêt, mais n’ont jamais honoré leur engagement de remboursement. Les intérêts ont continué de courir, et les dettes se sont accumulées, incluant les honoraires d’avocat, les frais de justice et les droits de timbre. Les trois frères possèdent chacun une entreprise individuelle, héritée de leur père. Les entreprises de Franco et Dino sont toujours en activité, tandis que celle de Maria Luisa, ouverte en 2010, a cessé ses activités en 2019. Maria Luisa a commencé à percevoir le revenu de citoyenneté en 2020.
Au fil des années, les tentatives de dialogue avec les Ramponi se sont soldées par des échecs. La préfecture, en collaboration avec la commune, a cherché à leur proposer un hébergement alternatif, même avec la possibilité d’emmener leurs animaux, mais les frères sont restés inflexibles. En 2021, deux d’entre eux ont même menacé de se jeter du toit lors d’une tentative d’expulsion, avant d’être sauvés par les forces de l’ordre. En février 2025, lors d’une nouvelle tentative d’expulsion, les frères ont de nouveau proféré des menaces, affirmant qu’ils allaient faire exploser la maison et évoquant la présence de cocktails Molotov.
La situation a atteint un point critique en octobre 2024, lorsque l’avocat chargé de l’expulsion, accompagné de la police, a été accueilli par des menaces de mort. Les forces de l’ordre ont déployé des drones thermiques et des drones de surveillance pour vérifier l’absence d’explosifs dans la maison. Le procureur général Raffaele Tito a ordonné une enquête approfondie pour faire la lumière sur la situation. Vidéo de Maria Luisa Ramponi
La vente aux enchères de la maison, prévue pour le 25 octobre, a été suspendue. Les autorités ont finalement procédé à une perquisition, ne trouvant que des cocktails Molotov sur le toit. L’issue de cette affaire reste incertaine, mais elle met en lumière les difficultés rencontrées par les familles en situation de précarité et les risques de radicalisation face à l’adversité.
