La chute de cheveux post-partum est une préoccupation fréquente chez les nouvelles mères, mais elle est généralement temporaire et traitable. La dermatologue Emi Arpa partage son expertise et son expérience personnelle pour aider les femmes à comprendre et à gérer ce phénomène.
Presque toutes les femmes connaissent une perte de cheveux après l’accouchement. Ce n’est pas un échec personnel, mais une réinitialisation biologique tout à fait normale. Pendant la grossesse, les taux d’œstrogènes et de progestérone sont élevés, ce qui prolonge la phase de croissance des cheveux (phase anagène). En conséquence, les cheveux semblent plus épais et plus volumineux. Après la naissance, ces hormones diminuent rapidement, entraînant le passage simultané d’un grand nombre de cheveux à la phase de repos (phase télogène), puis à la chute.
Ce processus, appelé effluvium télogène post-partum (ETP), se manifeste généralement entre deux et quatre mois après l’accouchement. La perte de cheveux est diffuse, affectant l’ensemble du cuir chevelu plutôt qu’une zone spécifique. Il est courant de perdre entre 50 et 100 cheveux par jour, mais ce nombre peut augmenter considérablement après la grossesse.
« Nos cheveux font souvent partie de notre identité, et la maternité implique déjà de rompre avec nos habitudes », explique la Dre Arpa. « On a l’impression que notre corps a vécu une révolution et qu’il doit maintenant retrouver son propre rythme. »
Bien que l’ETP soit généralement temporaire, durant entre six et douze mois, il peut être émotionnellement difficile pour les nouvelles mères. Plusieurs solutions peuvent aider à freiner la chute et à favoriser la repousse.
La Dre Arpa a personnellement opté pour un traitement au minoxidil, un médicament qui augmente le flux sanguin vers le cuir chevelu, favorisant ainsi l’apport de nutriments aux racines des cheveux. Il est disponible en pharmacie sous forme de mousse ou de solution à des concentrations de 2 et 5 %. Il est important de noter que le minoxidil n’est pas compatible avec l’allaitement. Il est également possible de constater une augmentation initiale de la chute des cheveux avec ce traitement, car il accélère l’élimination des cheveux déjà fragilisés.
En complément du minoxidil, des massages réguliers du cuir chevelu peuvent stimuler la microcirculation et améliorer l’apport de nutriments. Il est recommandé d’utiliser les mains propres et sèches, ou une brosse de massage en silicone, en évitant d’appliquer une pression excessive. Un shampoing doux au pH neutre est également essentiel pour maintenir un cuir chevelu sain.
La gestion du stress est également cruciale, car le cortisol (l’hormone du stress) peut aggraver la chute des cheveux. Des pauses respiratoires, des moments de détente et une alimentation équilibrée, riche en protéines (1 à 1,5 g par kilogramme de poids corporel), en fer, en vitamine D, en zinc, en vitamine B12, en acide folique et en acides gras oméga-3, peuvent contribuer à renforcer la pousse des cheveux.
« En tant que dermatologue et en tant que maman, je veux vous dire que vous n’êtes pas seule », conclut la Dre Arpa. « Vous n’êtes pas à blâmer, et vous n’avez pas à avoir honte si vous craignez la perte de cheveux. Votre corps a soutenu, donné naissance et nourri une vie. Il aura peut-être besoin de temps pour retrouver son propre rythme. Et vos cheveux ? Ils reviendront. »
