Publié le 29 décembre 2025 à 06h30. Des chercheurs de l’université de Stanford ont identifié les mécanismes biologiques à l’origine des rares cas de myocardite (inflammation du cœur) observés après la vaccination contre la COVID-19 avec des vaccins à ARNm, ouvrant la voie à des stratégies pour minimiser ces effets secondaires.
- Une réponse immunitaire excessive, impliquant les cytokines CXCL10 et IFN-gamma, est à l’origine de l’inflammation cardiaque.
- Le risque de myocardite après vaccination reste faible, mais plus élevé chez les jeunes hommes.
- La génistéine, un composé présent dans le soja, pourrait offrir une protection contre ces effets indésirables.
Les scientifiques de l’université de Stanford ont enfin levé le voile sur un mystère médical concernant les effets secondaires rares associés aux vaccins contre la COVID-19 à base d’ARNm. Leur étude, publiée le 10 décembre dans la revue Science Translational Medicine, met en lumière les étapes biologiques qui expliquent pourquoi ces vaccins peuvent, dans certains cas, déclencher une inflammation du cœur, en particulier chez les adolescents et les jeunes adultes.
Les résultats de cette recherche ne remettent absolument pas en question la sécurité et l’efficacité des vaccins à ARNm, a souligné le Dr Joseph Wu, directeur du Stanford Cardiovascular Institute et auteur principal de l’étude.
« Le vaccin à ARNm a fait un travail extraordinaire en atténuant la pandémie de COVID. Sans ce vaccin, davantage de personnes tomberaient gravement malades et mourraient. »
Joseph Wu, directeur du Stanford Cardiovascular Institute
L’étude révèle que la myocardite est déclenchée par une réaction immunitaire en deux temps. Dans un premier temps, le vaccin active les macrophages, des cellules immunitaires qui libèrent une cytokine appelée CXCL10 en grande quantité. Ensuite, les cellules T, exposées à cette molécule, produisent une autre cytokine, IFN-gamma.
Selon les chercheurs, ces deux protéines, CXCL10 et IFN-gamma, sont les principaux responsables de l’inflammation cardiaque. Des expériences menées sur des souris ont démontré que bloquer les signaux de ces deux molécules pouvait prévenir les lésions cardiaques sans pour autant compromettre l’efficacité du vaccin contre le virus.
Statistiques et symptômes
L’étude précise que la myocardite induite par le vaccin reste un événement rare. On observe environ un cas pour 140 000 personnes après la première dose, et un cas pour 32 000 après la deuxième dose. Le risque le plus élevé est constaté chez les hommes de moins de 30 ans, avec un ratio d’environ un cas pour 16 750 vaccinations.
Les symptômes courants incluent des douleurs thoraciques, un essoufflement, de la fièvre et des palpitations cardiaques, qui apparaissent généralement entre un et trois jours après la vaccination. Les analyses sanguines révèlent souvent une augmentation de la troponine cardiaque, un marqueur de lésion du muscle cardiaque.
Il est important de noter que le risque de myocardite lié à une infection par le virus COVID-19 est dix fois plus élevé et beaucoup plus dangereux que celui associé au vaccin, a précisé le Dr Wu.
« Il ne s’agit pas d’une crise cardiaque au sens traditionnel du terme car il n’y a pas d’obstruction des vaisseaux sanguins. La plupart des cas se rétablissent rapidement et la fonction cardiaque est entièrement rétablie. »
Joseph Wu, directeur du Stanford Cardiovascular Institute
Une piste prometteuse : la génistéine
La recherche a également mis en évidence une solution potentielle, issue d’un ingrédient alimentaire simple : la génistéine, un composé présent dans le soja (comme le tofu). Connue pour ses propriétés anti-inflammatoires, la génistéine a été testée en laboratoire sur des cellules cardiaques humaines et murines.
Les résultats ont montré que l’administration de génistéine permettait de réduire les lésions cardiaques causées par le vaccin à ARNm et la combinaison des cytokines CXCL10 et IFN-gamma. Le Dr Wu a cependant souligné que la génistéine est faiblement absorbée par voie orale, tout en suggérant l’utilisation potentielle du composé sous une forme plus concentrée pour prévenir les effets secondaires des vaccins à l’avenir.
Les chercheurs espèrent que ces découvertes contribueront au développement de vaccins à ARNm de nouvelle génération, plus sûrs et plus efficaces, non seulement contre la COVID-19, mais aussi contre d’autres maladies.
(afr/afr)
