Publié le 2024-02-29. Une étude américaine suggère que le séjour en unité de soins intensifs néonatals (USIN) pourrait augmenter le risque d’hypertension artérielle chez les bébés prématurés, même en l’absence de complications majeures.
- Les bébés prématurés admis en USIN présentent un risque accru d’hypertension persistante, indépendamment des caractéristiques de la mère et de l’enfant.
- Ce risque est encore plus élevé chez les prématurés ayant subi des complications graves pendant leur séjour en USIN.
- Les auteurs recommandent une surveillance étroite de la tension artérielle des enfants nés prématurés tout au long de leur enfance.
La prévalence de l’hypertension artérielle est en augmentation chez les enfants et les adolescents, une tendance qui inquiète les professionnels de santé. Des recherches antérieures ont déjà établi un lien entre la prématurité et l’insuffisance pondérale à la naissance, et un risque accru d’hypertension à l’âge adulte. Cependant, l’influence spécifique de l’environnement hospitalier, et notamment des USIN, restait à déterminer.
Pour tenter d’y voir plus clair, une équipe de chercheurs du Johns Hopkins Children’s Center de Baltimore a analysé les données de 2 459 enfants issus de la cohorte de naissance de Boston. L’étude, dont les résultats sont publiés dans JAMA Network Open, a suivi ces enfants jusqu’à l’âge de 18 ans, en enregistrant près de 20 000 mesures de tension artérielle.
L’analyse a révélé que 25,2 % des enfants nés prématurément développaient une hypertension persistante (définie comme une tension artérielle élevée lors d’au moins trois consultations médicales), contre 15,8 % des enfants nés à terme. Plus important encore, les bébés prématurés ayant été admis en USIN, même sans complications majeures, présentaient un risque significativement plus élevé d’hypertension que les bébés nés à terme et n’ayant pas nécessité d’hospitalisation en soins intensifs.
Les complications néonatales, telles que les infections sanguines, les maladies pulmonaires chroniques, les hémorragies cérébrales et l’entérocolite nécrosante (NÉC), augmentaient encore davantage ce risque. Les prématurés ayant séjourné en USIN et ayant présenté au moins une de ces complications avaient un risque 87 % plus élevé de développer une hypertension artérielle persistante que les prématurés sans complications.
« Les bébés prématurés qui passent du temps dans l’unité de soins intensifs néonatals, qu’ils aient ou non eu des complications, doivent être étroitement surveillés et examinés tôt pour détecter les changements de tension artérielle et l’hypertension artérielle et devraient continuer à être surveillés tout au long de leur vie »
Kartikeya Makker, directeur par intérim de la Division de médecine néonatale et périnatale du Children’s Center
Les chercheurs soulignent que cette étude ne permet pas d’établir un lien de causalité direct entre le séjour en USIN et l’hypertension artérielle. D’autres facteurs, tels que l’alimentation, l’apport en sodium, le poids et l’activité physique, peuvent également jouer un rôle. Ils appellent à des recherches supplémentaires pour identifier les éléments spécifiques de l’environnement hospitalier qui pourraient contribuer à l’augmentation du risque d’hypertension chez les bébés prématurés.
En attendant, ils insistent sur la nécessité d’un dépistage précoce et d’une surveillance régulière de la tension artérielle chez les enfants nés prématurés, en particulier ceux ayant séjourné en USIN.
