Publié le 2 décembre 2025 à 02h39. Des cadeaux offerts à Donald Trump par des entrepreneurs suisses, ainsi qu’un accord commercial partiel avec les États-Unis, suscitent des interrogations et des procédures judiciaires en Suisse, tandis que les perspectives d’un accord de libre-échange restent incertaines.
- Un accord a été conclu avec les États-Unis pour réduire les droits de douane sur de nombreux produits suisses, passant de 39% à 15%.
- Trois plaintes pénales ont été déposées en Suisse concernant les cadeaux (une Rolex et un lingot d’or) offerts à Donald Trump lors d’une rencontre début novembre.
- La Suisse prévoit d’investir 200 milliards de francs suisses (environ 225 milliards de dollars américains) aux États-Unis au cours des cinq prochaines années.
L’affaire des cadeaux offerts à l’ancien président américain Donald Trump par une délégation d’entrepreneurs suisses a déclenché une enquête. Le Ministère public de la Confédération a confirmé avoir reçu trois plaintes pénales déposées par des inconnus, liées à cette rencontre intervenue début novembre. L’entrepreneur Alfred Gantner s’était défendu la semaine dernière, dans l’émission “Gredig direkt” de la SRF, en affirmant que de tels présents relevaient des usages diplomatiques.
La secrétaire d’État à l’économie, Helene Budliger Artienda, n’a pas souhaité commenter les plaintes pénales en raison des clarifications juridiques en cours. Toutefois, elle a exprimé son soutien à l’initiative privée, déclarant à la Neue Zürcher Zeitung :
« Personnellement, je suis très contente qu’il y ait dans ce pays un entrepreneuriat qui est prêt à aider quand le pays en a besoin, qui prend aussi des risques. »
Helene Budliger Artienda, secrétaire d’État à l’économie
Selon la directrice du Seco (Secrétariat d’État à l’économie), la visite des entrepreneurs à Washington a été cruciale. Ils ont réussi à “établir un lien avec la réalité” et à présenter à Donald Trump des solutions concrètes pour réduire le déficit commercial américain, notamment grâce aux investissements proposés. La Suisse ambitionne d’investir 200 milliards de francs suisses (environ 225 milliards de dollars américains) aux États-Unis d’ici 2029.
Helene Budliger Artienda a précisé que les entrepreneurs n’avaient pas reçu d’offre de la Confédération et n’avaient pas mené de négociations propres. Cette affirmation confirme les déclarations précédentes d’Alfred Gantner, cofondateur du Partners Group, qui avait participé à la rencontre avec Donald Trump, tout comme Jean-Frédéric Dufour, PDG de Rolex, et Johann Rupert, président du conseil d’administration de Richemont.
Un premier pas vers une amélioration des relations commerciales a été franchi mi-novembre avec la signature d’une déclaration d’intention entre la Suisse et les États-Unis. Cette déclaration prévoit une réduction des droits de douane américains sur de nombreux produits suisses, passant de 39% à 15%. Helene Budliger Artienda estime que ces nouveaux droits de douane seront appliqués dans la première moitié de décembre.
Bien que le Seco ne perçoive pas un intérêt marqué des États-Unis pour un accord de libre-échange, le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, souhaite transformer cette déclaration d’intention en un accord juridiquement contraignant. Une fois les négociations achevées, le Parlement suisse sera saisi, et un référendum pourrait être organisé, laissant ainsi le dernier mot au peuple.
Helene Budliger Artienda se montre pessimiste quant à la possibilité d’un retour aux niveaux de droits de douane antérieurs à la politique commerciale de Donald Trump.
« Je crains que nous n’en arrivions plus là, même si un jour les démocrates devaient de nouveau être aux commandes aux États-Unis. »
Helene Budliger Artienda, secrétaire d’État à l’économie
