Le Kenya s’apprête à renforcer ses capacités numériques au sein de l’administration publique grâce à un possible partenariat avec Huawei, la filiale locale du géant technologique chinois. Cette collaboration vise à accélérer la transformation numérique du pays et à améliorer l’efficacité des services offerts aux citoyens.
Selon Nura Mohamed, directrice générale de la Kenya School of Government (KSG), l’établissement public chargé de la formation continue des agents de l’État, les discussions portent sur l’intégration des technologies émergentes – notamment le cloud, l’intelligence artificielle et la cybersécurité – pour moderniser le leadership, l’efficacité institutionnelle et l’innovation au sein de la fonction publique.
« Notre objectif est de bâtir une fonction publique non seulement familiarisée avec le numérique, mais aussi capable d’appliquer efficacement ces outils afin d’améliorer la prestation des services, de renforcer la performance institutionnelle et de protéger les données des citoyens », a-t-elle déclaré, citée par Tendance technologique.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Digital Master Plan 2022–2032 du Kenya, un ambitieux programme visant à déployer 1 500 centres numériques communautaires et à dématérialiser l’ensemble des services publics. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) souligne la nécessité d’investir dans le développement des compétences des fonctionnaires, estimant que le numérique a le potentiel de transformer l’administration en rendant les services plus accessibles et plus efficaces.
Un rapport de l’OCDE publié en février 2024 précise que « la réalisation d’un gouvernement numérique, où la technologie est appliquée à la conception des processus, des politiques et des services répondant aux besoins des usagers, nécessite l’adoption de nouvelles méthodes de travail et de nouvelles compétences au sein de l’administration publique. Les gouvernements doivent promouvoir les aptitudes, les attitudes et les connaissances permettant aux fonctionnaires d’évoluer dans un environnement numérique, en intégrant les technologies numériques pour créer de la valeur publique ».
L’UNESCO insiste toutefois sur le fait que les fonctionnaires n’ont pas besoin de devenir des experts techniques. Il est plus important qu’ils comprennent les tendances technologiques et leurs implications sociétales afin de pouvoir diriger efficacement les initiatives de transformation numérique et de gouvernance. L’organisation identifie trois domaines de compétences essentiels : la planification et la conception numériques, l’utilisation et la gouvernance des données, ainsi que la gestion et l’exécution numériques, en fonction des besoins spécifiques de chaque pays.
