Le Metropolitan Opera de New York a renoué avec le succès en présentant une nouvelle production d’Arabella de Richard Strauss, après des années marquées par des choix artistiques plus audacieux, mais moins appréciés du public. L’opéra, absent de la scène du Met depuis plus de dix ans, a été salué pour son interprétation rafraîchissante et ses décors somptueux.
L’opéra, créé en 1933, raconte l’histoire d’Arabella, une jeune femme de la haute société viennoise dont la famille, confrontée à des difficultés financières, cherche à la marier à un homme riche. Dans un stratagème original, sa sœur cadette, Zdenka, est présentée comme un jeune homme, Zdenko, afin de réduire les dépenses familiales. L’œuvre explore les thèmes de l’amour, de la classe sociale et des apparences.
Rachel Willis-Sørensen, qui a remplacé au pied levé Lise Davidsen, a livré une performance particulièrement remarquée dans le rôle titre. Initialement hésitante, la soprano américaine a captivé le public dès son apparition au bal des cochers, incarnant avec brio la beauté et la maîtrise de soi d’Arabella. Tomasz Konieczny, dans le rôle de Mandryka, a également séduit par son interprétation sincère et déterminée.
La distribution a été complétée par des interprètes prometteurs, dont Ben Brady (Lamoral), Ricardo José Rivera (Dominik) et Evan LeRoy Johnson (Elemer), chacun faisant ses débuts au Met. Julie Roset a apporté une touche de légèreté au rôle de Fiakermilli, tandis que Louise Alder a brillé dans le rôle de Zdenka, avec une vulnérabilité touchante.
La mise en scène, habilement relancée par Dylan Evans, a mis en valeur les décors éblouissants de Günther Schneider-Siemssen et les costumes somptueux de Milena Canonero, quadruple oscarisée. Le chef d’orchestre Nicolas Carter a dirigé l’orchestre avec assurance, bien que certains tempi aient pu paraître pressés pour les chanteurs.
Ce retour à un répertoire plus classique, après des tentatives de modernisation controversées, semble avoir été bien accueilli par le public du Met. L’opéra sera diffusé en direct et en haute définition dans les salles du monde entier le 22 novembre.
Le Met avait connu des difficultés ces dernières années, avec des productions comme Tosca de Luc Bondy, vivement critiquée, et l’échec coûteux de L’Anneau du Nibelung de Robert Lepage. Ces expériences ont conduit la direction à reconsidérer sa stratégie et à privilégier des œuvres plus établies, comme La Bohème et Turandot, ainsi que des reprises de productions à succès comme celles d’Otto Schenk (Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg et Tannhäuser).
