Publié le 14 novembre 2025 à 18h22. Des avancées majeures dans la lutte contre la cécité seront présentées à Rome, lors de la dixième édition de “Macula Aujourd’hui”, un événement international réunissant les plus grands experts en ophtalmologie.
- Plus d’un million d’Italiens sont touchés par la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).
- De nouvelles technologies prometteuses, telles que la thérapie génique, la vision artificielle et l’optique adaptative, seront au cœur des discussions.
- L’événement accueillera des chercheurs de renommée internationale et sera animé par Mara Venier et Michele Mirabella.
La recherche en ophtalmologie connaît une accélération significative, offrant de nouvelles perspectives pour les personnes atteintes de maladies oculaires dégénératives. C’est dans ce contexte que se tiendra, ce lundi 17 novembre au Rome Cavalieri Waldorf Astori (de 11h à 17h30), la dixième édition de “Macula Aujourd’hui”, une conférence internationale organisée par la Fondation Macula & Génome ETS, sous le patronage de l’Union Italienne des Aveugles et Malvoyants ETS-APS et de l’IAPB ITALIA ETS.
L’édition 2025 mettra particulièrement l’accent sur les dernières découvertes en matière de génétique oculaire, de vision artificielle, de prothèses rétiniennes et corticales, ainsi que sur les nouvelles technologies d’imagerie médicale appliquées à l’ophtalmologie. L’objectif est de faire le point sur les avancées les plus prometteuses pour redonner la vue aux personnes malvoyantes ou aveugles.
Les participants pourront notamment se renseigner sur les futures générations de “puces oculaires” et de thérapies géniques, les biomarqueurs prédictifs et l’application de l’intelligence artificielle au diagnostic post-opératoire. Plusieurs experts internationaux de renom interviendront, parmi lesquels Aniz Girach, Edouard Fernandez, Michel Gorin, Richard Kramer, Daniel Palankeur, Serge Picaud et Marco Zarbin, aux côtés des spécialistes italiens Andrea Cusumano, Benedetto Falsini et Emiliano Giardina.
Le professeur Andrea Cusumano présentera une nouvelle technologie d’optique adaptative qui permet d’observer des cellules rétiniennes jusqu’alors invisibles avec les outils actuels, ouvrant la voie à un diagnostic plus précoce des dystrophies rétiniennes et à une sélection plus précise des patients pour les thérapies émergentes. Cette plateforme promet des diagnostics oculaires véritablement personnalisés.
Benedetto Falsini abordera les récentes découvertes concernant le remodelage interne de la rétine dans les dystrophies rétiniennes héréditaires. Ce processus, longtemps sous-estimé, pourrait réduire l’efficacité des thérapies ciblant les photorécepteurs. De nouvelles techniques d’imagerie et des tests électrophysiologiques permettent désormais de mesurer ce remodelage et d’identifier de nouvelles fenêtres thérapeutiques.
Eduardo Fernandez présentera les résultats d’une recherche internationale démontrant que des microélectrodes implantées dans le cortex visuel peuvent évoquer des perceptions visuelles stables chez les personnes aveugles, leur permettant de reconnaître des lettres, des formes et des objets grâce à une stimulation électrique contrôlée. Il s’agit d’une avancée majeure vers une prothèse visuelle cérébrale opérationnelle.
L’intelligence artificielle pourrait également révolutionner le diagnostic génétique des dystrophies rétiniennes, selon Emiliano Giardina. L’IA est capable de classer les variants génétiques, de corréler génotype et phénotype et de prédire la réponse aux thérapies, ouvrant la voie à une médecine de précision adaptée à chaque patient.
Aniz Girach évoquera les premières thérapies géniques pour la maladie de Stargardt, la forme la plus courante de maculopathie juvénile, actuellement en phase d’essais cliniques. Les données précliniques suggèrent une réduction des composés toxiques qui détruisent la rétine, et les premières études cliniques sont encourageantes.
Michael B. Gorin expliquera comment la recherche internationale développe des thérapies ciblant à la fois des gènes spécifiques et des mécanismes “indépendants des gènes”, potentiellement applicables à un large éventail de patients atteints de dystrophies rétiniennes. Ces thérapies visent non seulement à ralentir la dégénérescence, mais aussi à restaurer les fonctions visuelles à des stades avancés.
Richard H. Kramer annoncera deux nouveaux médicaments susceptibles de restaurer la sensibilité à la lumière dans les dégénérescences rétiniennes : une molécule photosensible et un médicament bloquant l’acide rétinoïque, tous deux en cours d’essais cliniques pour la rétinite pigmentaire. Des résultats préliminaires montrent déjà une restauration des réponses visuelles chez des modèles animaux et chez les premiers patients.
Enfin, Daniel Palanker présentera les dernières avancées concernant une puce photovoltaïque sous-rétinienne capable de restaurer la vision centrale des patients atteints de maculopathie atrophique. L’implant PRIMA, un panneau photovoltaïque implanté sous la rétine, a permis à certains patients de retrouver des capacités de lecture, d’écriture et de reconnaissance des formes. Les nouveaux modèles promettent une acuité visuelle allant jusqu’à 20/80.
La Fondation Macula & Génome, présidée par le professeur Andrea Cusumano, est une fondation à but non lucratif dédiée à la recherche et à la diffusion des connaissances dans le domaine des maladies oculaires. Elle s’engage dans le développement d’innovations diagnostiques et thérapeutiques avancées, ainsi que dans la promotion d’une culture de solidarité sociale. Outre “Macula Aujourd’hui”, la Fondation mène de nombreux projets de prévention, tels que “La prévention ne part pas en vacances” et le “Projet Troisième Âge”, ainsi que des initiatives scientifiques comme le dépistage génétique gratuit pour le kératocône en partenariat avec AICHE. Elle a également créé le premier essai de photocoagulation laser téléguidée et promeut l’ophtalmologie en solidarité avec Caritas Rome, offrant des visites et des diagnostics aux patients les plus vulnérables. Programme complet de l’événement.
