Publié le 29 octobre 2025 à 11h31. La campagne électorale néerlandaise, qui s’achève, suscite un vif intérêt à l’étranger, de l’Allemagne au Japon, les médias étrangers analysant les enjeux et les possibles conséquences de ce scrutin.
- Les médias internationaux suivent de près la campagne électorale néerlandaise, notamment en Allemagne, en Belgique et au Royaume-Uni.
- Plusieurs journalistes étrangers sont présents aux Pays-Bas pour couvrir la soirée des résultats.
- Les experts étrangers s’interrogent sur l’impact potentiel d’une victoire de Geert Wilders sur la scène politique européenne.
La campagne électorale néerlandaise a captivé l’attention des médias internationaux ces dernières semaines. Des publications comme le Tagesschau allemand (article du 27 octobre 2025), la VRT belge (article du 27 octobre 2025) et le Guardian britannique (article du 28 octobre 2025) ont consacré des articles à ce scrutin. De nombreux correspondants étrangers sont également sur place pour couvrir la soirée électorale.
« Si Geert Wilders ne gagne pas, certains pourraient y voir le début d’une nouvelle vague d’élections européennes dans lesquelles les populistes perdraient », estime Valentina Brini, journaliste pour l’agence de presse italienne ANSA, l’équivalent néerlandais de l’ANP. Elle est arrivée aux Pays-Bas depuis Bruxelles pour suivre les élections.
Selon Valentina Brini, les Néerlandais ne sont pas très connus en Italie. « Il n’y a que deux hommes politiques néerlandais que les Italiens connaissent : Geert Wilders et Frans Timmermans. Beaucoup connaissent Timmermans parce qu’il est fan de l’AS Roma », a-t-elle précisé.
Les campagnes électorales aux Pays-Bas diffèrent de celles en Italie, selon Brini. « Dans notre pays, il est presque impossible que les partis soient aussi proches dans les sondages. » Elle observe également un changement de style politique aux Pays-Bas. « Cela ressemble de plus en plus à l’Italie, où tout le monde se crie dessus pendant les débats. »
« Il n’y a que deux hommes politiques néerlandais connus en Italie. Ce sont Wilders et Timmermans. Beaucoup de gens connaissent Timmermans parce qu’il est fan du club de football de l’AS Roma. »
Valentina Brini, journaliste à l’ANSA
Johannes Perterer, de l’ORF (l’homologue autrichien du NOS), partage ce constat. « Je ne pense pas que beaucoup d’Autrichiens suivent activement la campagne néerlandaise, mais ils surveilleront le résultat, en particulier ce qui arrivera à Wilders. À part lui, certains Autrichiens connaissent seulement Frans Timmermans. »
Wilders est considéré comme un pionnier de l’idéologie populiste de droite par certains politiciens autrichiens. « Nos populistes de droite ont souvent cité Geert Wilders au cours des dernières décennies », explique Perterer.
Perterer souligne également que le FPÖ, le parti populiste de droite autrichien, a remporté les dernières élections, mais n’a pas intégré le gouvernement. Un gouvernement a finalement été formé sans sa participation. « Les gens en Autriche s’intéressent à ces élections parce que la situation politique est très similaire. Ce qui nous est arrivé pourrait maintenant arriver aux Pays-Bas. »
« Les populistes de droite autrichiens considèrent Wilders comme un pionnier de leur idéologie. »
Johannes Perterer, journaliste à l’ORF
Sachiyo Sugita, de la chaîne publique japonaise NHK, s’intéresse également aux élections néerlandaises. « Au Japon, les gens sont surtout intéressés par l’impact potentiel du résultat sur le soutien à l’Ukraine », explique-t-elle. Elle se demande si la composition du nouveau gouvernement néerlandais influencera les dépenses de défense du pays. « J’étais présente au sommet de l’OTAN à La Haye et je suis curieuse de savoir si l’attitude des Pays-Bas va changer. »
Ce qui a le plus frappé la journaliste japonaise, c’est le grand nombre de partis en lice. « C’est assez étrange qu’il y ait 27 partis qui participent à vos élections, alors qu’au Japon, il y en a souvent moins de 10 », dit-elle. « Cela en dit long sur la liberté d’expression dans votre pays. »
« Il est assez étrange qu’il y ait 27 partis qui participent à vos élections, alors qu’au Japon il y en a souvent moins de 10. »
Sachiyo Sugita, journaliste à la NHK
Sugita souligne également que la question de la migration est au cœur des préoccupations aux Pays-Bas. « Je ne comprends pas très bien. Je me demande combien de migrants posent réellement problème. » L’Italie est confrontée depuis des années à des flux migratoires en provenance principalement d’Afrique du Nord, arrivant par bateau.
Brini, de son côté, s’attendait à ce que la guerre à Gaza et le climat jouent un rôle plus important dans la campagne.
L’utilisation de images générées par intelligence artificielle dans le débat politique néerlandais a également été remarquée par les observateurs étrangers, qui y voient un signe de polarisation croissante.
