Publié le 7 décembre 2025 12:01:00. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié ses premières recommandations concernant l’utilisation des thérapies GLP-1, une nouvelle classe de médicaments pour la perte de poids, tout en soulignant les défis liés à l’accès équitable à ces traitements à l’échelle mondiale.
- Plus d’un milliard de personnes dans le monde sont actuellement touchées par l’obésité.
- Les thérapies GLP-1, incluant le liraglutide, le sémaglutide et le tirzépatide, peuvent aider à réguler l’appétit et à favoriser la perte de poids.
- L’OMS insiste sur la nécessité d’une approche globale de la santé, combinant médicaments, alimentation saine et activité physique.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a franchi une étape importante ce mercredi 12 mars 2025 en publiant ses premiers guides concernant l’utilisation des thérapies GLP-1 (glucagon-like peptide-1), une nouvelle catégorie de médicaments destinés à la perte de poids. Ces recommandations visent à encadrer l’usage sûr et prolongé de traitements tels que le liraglutide, le sémaglutide et le tirzépatide, tout en reconnaissant les obstacles majeurs en matière d’accès et les disparités qui existent entre les pays.
Selon l’OMS, l’obésité touche actuellement plus d’un milliard de personnes à travers le monde, une condition responsable d’environ 3,7 millions de décès en 2024. L’agence sanitaire mondiale met en garde : sans interventions efficaces, ce chiffre pourrait doubler d’ici 2030, exerçant une pression considérable sur les systèmes de santé et entraînant des pertes économiques importantes.
« L’obésité est une maladie chronique qui nécessite des soins continus et intégrés. »
Tedros Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS
Le Directeur général de l’OMS a souligné que les thérapies GLP-1 peuvent apporter une aide précieuse à des millions de personnes, mais qu’elles ne doivent pas être considérées comme une solution isolée. Elles doivent s’inscrire dans une stratégie de santé globale, comprenant une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et un suivi médical approprié.
Efficacité et limites des thérapies GLP-1
Les thérapies GLP-1 agissent en imitant les hormones naturelles qui régulent l’appétit, la glycémie et la digestion, ce qui peut entraîner une perte de poids significative chez de nombreux patients. L’OMS avait déjà intégré ces médicaments à sa Liste des médicaments essentiels pour les personnes atteintes de diabète de type 2 et recommande désormais leur utilisation à long terme chez les adultes obèses, à l’exception des femmes enceintes.
Malgré leur efficacité, des précautions restent de mise. L’OMS souligne le manque de données de sécurité à long terme, l’incertitude quant au maintien du poids après l’arrêt du traitement, les coûts élevés et le risque d’inégalités d’accès entre les pays. Les estimations actuelles suggèrent que moins de 10 % des personnes éligibles auront accès à ces médicaments d’ici 2030, à moins que des politiques mondiales ne soient mises en œuvre.
L’OMS tire également la sonnette d’alarme face à l’augmentation de la demande mondiale, qui risque de dépasser l’offre disponible, ainsi qu’à la circulation de produits contrefaits ou de qualité inférieure. L’agence recommande la mise en place de chaînes d’approvisionnement réglementées, de prescriptions délivrées par des professionnels qualifiés et d’un encadrement strict pour garantir la sécurité des patients.
Politiques intégrées d’utilisation et de santé
L’organisation insiste sur le fait que les médicaments ne peuvent remplacer les approches intégrées, telles qu’une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et un suivi clinique continu. L’obésité est une maladie complexe, influencée par des facteurs génétiques, biologiques, sociaux et environnementaux, ce qui nécessite des actions gouvernementales et des changements au sein de l’industrie agroalimentaire pour créer des environnements plus sains et permettre des interventions précoces.
Ces nouvelles lignes directrices ont été élaborées à la demande des États membres, sur la base de données scientifiques probantes, d’avis d’experts et des témoignages de personnes vivant avec l’obésité. L’OMS prévoit de mettre à jour ces recommandations au fur et à mesure que de nouvelles données seront disponibles et s’engage à collaborer avec ses partenaires en 2026 pour accorder la priorité aux groupes les plus vulnérables.
*Avec des informations de UN News.
