Publié le 16 janvier 2026. Le gouvernement indonésien étudie la possibilité d’adopter une loi visant à lutter contre la désinformation et la propagande étrangère, une initiative qui suscite déjà des inquiétudes quant à son impact sur la liberté d’expression.
- Le projet de loi, encore en discussion, n’a pas encore été formellement rédigé.
- Les autorités justifient cette initiative par la nécessité de responsabiliser les plateformes d’information et de faire face aux défis posés par l’intelligence artificielle.
- Des organisations de défense des droits de l’homme craignent que cette législation ne serve à restreindre les libertés fondamentales et à cibler les voix critiques.
Selon le secrétaire d’État, Prasetyo Hadi, l’idée d’une telle loi est encore au stade de la réflexion et n’a pas encore abouti à un texte concret.
« La rédaction n’a pas encore commencé. C’est encore un discours. »
Prasetyo Hadi, secrétaire d’État
Il a précisé que cette discussion fait suite à des préoccupations concernant la responsabilité des plateformes d’information et la nécessité d’une diffusion responsable de l’information au sein de la société. Le gouvernement s’interroge sur l’impact de ces plateformes, en particulier lorsqu’elles sont utilisées de manière irresponsable.
L’essor rapide de l’intelligence artificielle (IA) est également un facteur déterminant dans cette réflexion. Les autorités souhaitent éviter que cette technologie ne soit utilisée à des fins nuisibles ou de manière irresponsable.
« Nous ne voulons pas que l’IA ou la technologie soient utilisées de manière irresponsable ou à des fins nuisibles. »
Prasetyo Hadi, secrétaire d’État
Prasetyo Hadi a souligné l’importance de maîtriser les nouvelles technologies et de s’adapter aux innovations.
Le ministre coordinateur des Affaires juridiques, des Droits de l’Homme, de l’Immigration et des Services pénitentiaires, Yusril Ihza Mahendra, a confirmé que le gouvernement prépare bien un projet de loi sur la désinformation et la propagande étrangère, sans toutefois fournir de détails sur son contenu. Un manuscrit académique concernant ce projet a d’ailleurs été diffusé sur les réseaux sociaux.
Cette initiative a immédiatement suscité des critiques de la part de la Fondation indonésienne d’aide juridique (YLBHI). L’organisation craint que cette loi ne soit incompatible avec la Constitution indonésienne, notamment avec les articles 28E et 28F qui garantissent la liberté d’expression. L’article 28F protège le droit de chaque citoyen de rechercher, de recevoir et de diffuser des informations, tandis que l’article 28E garantit les libertés individuelles, y compris la liberté d’expression.
« YLBHI considère ce plan comme ciblant les citoyens actifs et les institutions de la société civile. »
YLBHI, dans un communiqué
L’YLBHI met en garde contre le risque que cette législation soit utilisée pour criminaliser les critiques, contrôler l’information et restreindre le financement des organisations de la société civile.
Le gouvernement assure cependant qu’il souhaite favoriser un environnement d’information responsable tout en préservant la transparence.
« Ce n’est pas que nous ne voulons pas de transparence. »
Prasetyo Hadi, secrétaire d’État
Amelia Rahima Sari et Dian Rahma Fika ont contribué à la rédaction de cet article.
Lire: YLBHI : le projet de loi indonésien sur la désinformation pourrait cibler les voix critiques
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