Publié le 28 octobre 2025 16:32:00. La prise de la ville d’El Fasher par les Forces de soutien rapide (RSF) au Soudan s’accompagne d’une escalade de la violence, avec l’assassinat d’un haut responsable humanitaire et l’arrestation de plusieurs ministres locaux, suscitant une enquête de l’ONU sur d’éventuels crimes de guerre.
- Les RSF ont pris le contrôle d’El Fasher, dernier bastion majeur de l’armée soudanaise dans le Darfour occidental.
- Abbas Adam, commissaire à l’aide humanitaire, a été assassiné avec des membres de sa famille alors qu’il tentait de fuir la ville.
- Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a ordonné une enquête urgente sur les atrocités présumées commises par les RSF.
La situation humanitaire et sécuritaire au Soudan se détériore rapidement après la prise d’El Fasher par les Forces de soutien rapide (RSF). Selon des médias locaux, notamment Sudan Tribune, les milices paramilitaires ont assassiné Abbas Adam, le commissaire à l’aide humanitaire, ainsi que des membres de sa famille, alors qu’ils cherchaient à quitter la ville. Cet acte souligne le danger extrême auquel sont confrontés les travailleurs humanitaires et les civils pris au piège des combats.
Parallèlement à cet assassinat, trois ministres du gouvernement de l’État du Darfour Nord ont été arrêtés par les RSF : la ministre de la Santé, Dr Khadija Musa, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Suleiman Jibril, et le ministre de l’Environnement, Al-Tayeb Baraka. Un responsable gouvernemental a également indiqué que de nombreux responsables et membres du Comité d’urgence sanitaire du Darfour Nord ont été capturés. Ces arrestations visent à déstabiliser l’administration locale et à consolider le contrôle des RSF sur la région.
La prise d’El Fasher, qui constituait le dernier bastion majeur de l’armée soudanaise dans le Darfour occidental, a été marquée par des violations généralisées des droits humains. Les RSF sont accusées de meurtres, de pillages, d’arrestations arbitraires et de déplacements forcés de milliers de civils. Plus de 200 000 personnes, dont 130 000 enfants, se trouvent toujours piégées dans la ville et risquent de subir davantage de violences.
Face à la gravité de la situation, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a approuvé, ce vendredi, une résolution ordonnant à sa mission au Soudan de mener une nouvelle enquête urgente sur les atrocités commises à El Fasher. Cette résolution, initialement proposée par le Royaume-Uni avec le soutien d’autres pays européens, condamne les « atrocités présumées » perpétrées par les paramilitaires après leur assaut sur la ville. Elle mentionne notamment des « homicides à motivation ethnique, des actes de torture, des exécutions sommaires et des détentions arbitraires de civils, ainsi que des viols et d’autres formes de violence sexuelle et sexiste ».
