Publié le 16 octobre 2024 00:34:00. Un étrange mème numérique, né d’une chanson de rap et popularisé sur TikTok, envahit les écoles et les réseaux sociaux, suscitant la perplexité des enseignants et inspirant même la série satirique « South Park ».
- Plus de 2 millions de publications sur TikTok utilisent le hashtag #67, témoignant de l’ampleur de ce phénomène.
- L’expression virale « six, sept » provient d’un morceau du rappeur Skrilla, « Doot Doot », dont le sens reste volontairement obscur.
- Des enseignants partagent leur frustration sur TikTok, tandis que d’autres tentent d’utiliser cette tendance pour capter l’attention de leurs élèves.
L’expression « six, sept » est devenue un véritable phénomène de société, particulièrement auprès de la génération Alpha. Des vidéos montrant des enfants prononçant ces chiffres ou réagissant de manière excessive à leur évocation inondent TikTok, avec plus de 2 millions de publications associées au hashtag #67, selon les analyses de TikTok. L’utilisation de ce hashtag a connu une forte augmentation en septembre et octobre, coïncidant avec le retour en classe des élèves et l’émergence de ce mème dans les établissements scolaires.
Certains enseignants ont même documenté leur expérience sur TikTok, partageant leur agacement face à cette tendance. D’autres, plus pragmatiques, ont tenté de l’intégrer à leurs cours pour maintenir l’attention de leurs élèves. On peut ainsi voir des vidéos d’enseignants bannissant le chiffre « 67 » de leurs salles de classe, ou utilisant l’expression comme un outil d’appel et de réponse pour calmer leurs classes.
L’origine de ce mème remonte à la chanson « Doot Doot » du rappeur Skrilla, sortie en 2024. Dans ce morceau, il rappe : « 6-7, je viens de biper sur l’autoroute ». Interrogé par le Wall Street Journal, Skrilla a admis que l’expression n’avait pas de signification particulière :
« Je n’y ai jamais donné de sens réel, et je ne voudrais toujours pas »,
Skrilla, rappeur
, expliquant que son absence de sens était précisément ce qui la rendait si populaire.
Certains observateurs qualifient ce phénomène d’exemple de « pourriture du cerveau » (“brain rot“), un terme désignant les mèmes en ligne de mauvaise qualité et dénués de sens, et leur impact potentiellement négatif sur les consommateurs. Oxford University Press a même désigné ce terme comme mot de l’année pour 2024.
La série satirique « South Park » s’est également emparée de cette tendance. Un nouvel épisode, diffusé le mercredi 15 octobre, parodiera l’engouement pour « six, sept ». La bande-annonce montre les professeurs de l’école élémentaire de South Park de plus en plus exaspérés par des élèves qui semblent appartenir à une sorte de culte lié aux nombres six et sept. Bien que la 27e saison de la série ait attiré l’attention grâce à ses critiques de l’administration Trump, cet épisode ne se concentrera pas sur la politique.
La popularité de la chanson « Doot Doot » a été amplifiée par des montages vidéo mettant en scène LaMelo Ball, joueur de basket-ball professionnel mesurant six pieds sept pouces (environ 1,85 mètre), sur TikTok. Ball a reconnu la tendance dans un entretien avec ESPN, affirmant qu’il entend souvent des enfants lui crier « six, sept » et plaisantant en disant que c’est son nouveau surnom. Un moment viral sur YouTube, capturé par Cam Wilder, a également contribué à la propagation du mème, montrant un jeune garçon s’exclamant « six, sept » devant la caméra.
Des utilisateurs de TikTok issus de la génération Z et des millennials ont également partagé des vidéos exprimant leur sentiment de décalage face à cette tendance, se sentant dépassés par les modes populaires auprès des plus jeunes.
