L’annonce d’un prix Nobel est toujours un moment solennel, mais pour certains lauréats récents, la réception de la nouvelle s’est avérée plus rocambolesque que prévue. Entre coupures de réseau, spams ignorés et préférences pour la tranquillité, plusieurs prix Nobel 2025 et des années antérieures ont manqué le premier appel de Stockholm.
L’immunologiste américain Fred Ramsdell a ainsi appris son prix Nobel de médecine plusieurs jours après l’annonce, alors qu’il était en pleine randonnée dans le Wyoming, loin de toute connexion. « Nous devions encore conduire une heure pour arriver à un endroit où j’avais du réseau et une connexion Wi-Fi », a-t-il raconté au Comité Nobel. « Nous nous sommes installés dans un petit hôtel dans le sud du Montana, je me suis connecté et j’ai commencé à passer des appels. » Sa femme a d’abord cru qu’un ours grizzli était à proximité lorsqu’elle a vu les notifications affluer sur son téléphone.
Mary E. Brunkow, co-lauréate de Ramsdell, a quant à elle simplement ignoré l’appel de Suède, le prenant pour un spam. « Mon téléphone a sonné et j’ai vu un numéro suédois, j’ai pensé que c’était un spam, alors j’ai éteint le téléphone et je me suis rendormie », a-t-elle expliqué au comité.
Ces mésaventures ne sont pas nouvelles. En 2021, David MacMillan, prix Nobel de chimie, a d’abord cru à une farce lorsqu’il a reçu un SMS de Stockholm avec une erreur dans son nom. Il a même parié 1 000 $ (environ 930 €) avec son co-lauréat, Liste Benjamin, que la nouvelle était fausse – un pari qu’il a perdu.
Paul Milgrom, lauréat du prix d’économie en 2020, avait délibérément éteint son téléphone pour la nuit, malgré l’importance de la soirée. C’est son collègue Robert Wilson qui a dû se rendre chez lui à deux heures du matin pour lui annoncer la bonne nouvelle, oubliant même de mentionner qu’ils avaient remporté le prix ensemble.
Abdulrazak Gurnah, prix Nobel de littérature 2021, a carrément raccroché au nez du comité Nobel, pensant qu’il s’agissait d’un appel de démarchage. Il n’a été pleinement convaincu qu’après avoir consulté l’annonce sur le site de l’Académie suédoise.
L’histoire la plus célèbre reste peut-être celle de Bob Dylan, prix Nobel de littérature 2016, qui a mis plusieurs jours à répondre aux appels et aux courriels du comité. « J’ai appelé et envoyé des e-mails à son collaborateur le plus proche et j’ai reçu des réponses très amicales », avait déclaré un responsable du Nobel à l’époque.
Enfin, Peter Higgs, prix Nobel de physique 2013, a délibérément évité les projecteurs en se promenant à Édimbourg sans son téléphone. Les journalistes ont dû le retrouver pour lui annoncer la nouvelle, qu’il a apprise grâce à un voisin qui l’a félicité dans la rue.
Ces anecdotes illustrent les difficultés logistiques auxquelles le Comité Nobel est confronté chaque année pour annoncer les prix avant que l’information ne soit divulguée, et rappellent que même les plus grandes distinctions peuvent être accueillies de manière inattendue.
