Publié le 25 novembre 2025 à 01h22. Les négociations salariales en Colombie pour 2026 s’annoncent tendues, avec des propositions divergentes entre le gouvernement, les employeurs et les syndicats, alors que le pays lutte contre l’inflation et cherche à améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs.
- Le gouvernement propose une augmentation de 11 % du salaire minimum, portant celui-ci à 1 580 085 pesos colombiens par mois (environ 370 euros).
- Les associations patronales mettent en garde contre les risques d’une hausse supérieure à 7 %, craignant des conséquences négatives sur l’emploi et la stabilité économique.
- Les centrales syndicales réclament une augmentation d’au moins 11 %, estimant que le salaire vital pour une famille moyenne devrait dépasser 2 000 000 de pesos colombiens (environ 470 euros).
Les discussions concernant le salaire minimum en Colombie pour l’année 2026 ont débuté dans un contexte économique complexe, marqué par une inflation persistante. Le gouvernement du président Gustavo Petro a ouvert les négociations en proposant une augmentation de 11 %, ce qui représenterait une hausse de 156 585 pesos colombiens (environ 37 euros) par rapport au salaire minimum actuel de 1 423 500 pesos colombiens (environ 335 euros).
Le calendrier des négociations prévoit le 1er décembre comme date de début formel des consultations et le 30 décembre comme date limite pour parvenir à un accord sur le nouveau salaire. Un premier délai légal pour un consensus expire le 15 décembre, après quoi des sessions extraordinaires pourront être organisées à partir du 19 décembre. En cas d’échec des négociations, le gouvernement se réserve le droit de fixer le salaire minimum par décret le 30 décembre.
Fedesarrollo, un centre de recherche économique, a suggéré un ajustement salarial plus modéré, entre 6 % et 7 %, afin d’éviter de nouvelles pressions inflationnistes et de favoriser la formalisation de l’emploi. De son côté, la Centrale unitaire des travailleurs (CUT), l’une des principales centrales syndicales du pays, insiste pour que l’augmentation ne soit pas inférieure à 11 %, arguant que le salaire vital pour une famille moyenne devrait dépasser les 2 000 000 de pesos colombiens.
L’Association colombienne des micro, petites et moyennes entreprises (Acopi) a exprimé de vives inquiétudes quant à l’impact d’une augmentation salariale supérieure à 7 %. Selon Acopi, une telle hausse, qui porterait le salaire minimum à 1 523 145 pesos colombiens (environ 360 euros), pourrait avoir des effets négatifs sur l’emploi, l’investissement et la stabilité économique.
« Une augmentation disproportionnée ne ferait que stimuler l’inflation, annulant les bénéfices que l’augmentation cherche à générer sur le pouvoir d’achat des travailleurs. »
Acopi
L’association souligne également qu’une augmentation excessive pourrait réduire les salaires réels, affecter les investissements et mettre en péril la stabilité de l’emploi. Elle propose que l’ajustement du salaire minimum repose sur des critères techniques, en tenant compte de l’inflation projetée pour 2025, qui se situe aux alentours de 5 %, et de la productivité totale des facteurs, qui s’élevait à 1 % au premier trimestre.
Acopi met en garde contre le risque que certaines entreprises soient contraintes de recourir à l’informalité pour survivre, ce qui compromettrait les progrès réalisés en matière d’emploi formel. Elle souligne également que la Banque de la République pourrait être amenée à maintenir des taux d’intérêt élevés en cas de hausse de l’inflation, ce qui limiterait l’accès au crédit et freinerait les investissements.
Selon la CUT, 3,7 millions de travailleurs colombiens perçoivent actuellement le salaire minimum mensuel.
