Publié le 19 décembre 2025 à 20h26. Petroperú, l’entreprise pétrolière publique péruvienne, est confrontée à une crise financière aiguë qui pousse le gouvernement à envisager des solutions radicales, allant jusqu’à une possible faillite ordonnée ou une restructuration profonde de ses activités.
- Le conseil d’administration de Petroperú a été remanié suite à la nomination de nouveaux représentants des ministères de l’Économie et des Finances (MEF) et de l’Énergie et des Mines (Minem).
- Des difficultés de paiement de Petroperú ont conduit le MEF à étudier des options de restructuration, incluant une faillite ordonnée.
- Une demande de mise en faillite de Petroperú a été déposée par UNNA Energía auprès de l’Indecopi.
La situation financière de Petroperú s’aggrave, obligeant le gouvernement péruvien à explorer des scénarios de crise. Malgré le récent renouvellement de son conseil d’administration avec l’arrivée de représentants du MEF et du Minem, l’entreprise peine à honorer ses engagements financiers. Des sources au sein du secteur indiquent que le ministère de l’Économie et des Finances étudie activement des mesures drastiques pour tenter de redresser la situation.
Selon une source proche du dossier, le MEF envisage notamment une procédure de faillite ordonnée pour Petroperú. « Pour l’instant, il y a une intention de la part du MEF de trouver une solution, sans mettre de ‘réel’, à Petroperú. Le président José Jerí est disposé, pour le moment, à laisser le MEF présenter des idées concrètes. Parmi ces idées, il y a celle d’appliquer [à l’entreprise] une [procédure de] faillite de manière ordonnée », a déclaré cette source.
Cette possibilité avait déjà été évoquée lors des discussions au sein du conseil d’administration lorsque Oliver Stark en était le président. Parallèlement, le gouvernement explore d’autres pistes, comme la séparation des activités rentables de Petroperú et leur concession à des opérateurs privés. Une source proche de ProInversión avait d’ailleurs signalé que le gouvernement envisageait de céder la tour San Isidro, un actif non stratégique, afin de renflouer les caisses de l’entreprise.
La pression s’intensifie avec le dépôt d’une demande de mise en faillite par UNNA Energía auprès de l’Indecopi. Bien que l’Indecopi maintienne le secret sur les procédures de faillite en cours, cette initiative a déjà suscité des inquiétudes au sein du MEF et de Petroperú. « Ils l’ont vérifié en interne », a précisé la source.
La situation financière de Petroperú est critique. L’entreprise a enregistré une perte nette de 355 millions de dollars (environ 1 245 millions de soles péruviennes) jusqu’en septembre dernier, et son fonds de roulement est déficitaire de plus de 1 347 millions de dollars (environ 5 000 millions de soles péruviennes). Le gouvernement doit donc agir rapidement pour éviter une crise plus profonde.
Reste à déterminer comment ces intentions gouvernementales se concrétiseront : par décret d’urgence ou en obtenant des pouvoirs législatifs spécifiques. L’issue de cette crise pourrait avoir des conséquences importantes pour le secteur énergétique péruvien et pour l’approvisionnement du pays en carburant.
