Publié le 2 novembre 2025 à 7h00 (heure du Pacifique). Plusieurs lecteurs de Los Angeles Times réagissent à une récente tribune dénonçant l’endettement croissant des États-Unis, en apportant des nuances sur les causes et les solutions possibles.
- Véronique de Rugy accuse les politiques budgétaires américaines d’avoir conduit à une « nouvelle normalité des déficits budgétaires chroniques ».
- Des lecteurs soulignent que la dette publique a été réduite sous la présidence de Bill Clinton et que des événements majeurs comme la crise financière de 2008 et la pandémie de Covid-19 ont eu un impact significatif sur les finances publiques.
- Un autre lecteur met en avant la promesse faite aux retraités concernant la sécurité sociale et l’assurance-maladie, estimant que le Congrès manque à ses engagements.
Dans une tribune publiée le 30 octobre, Véronique de Rugy pointait du doigt l’irresponsabilité budgétaire et les priorités législatives des États-Unis comme étant à l’origine d’une dette publique jugée insoutenable. L’article original explore les facteurs qui, selon l’auteure, alimentent la dépendance à la dette américaine depuis 45 ans.
David W. Steuber, de Laguna Beach, conteste cette analyse en rappelant que la dette détenue par le public a diminué sous la présidence de Bill Clinton, entre 1998 et 2001. Il précise que cette période a été marquée par quatre excédents budgétaires consécutifs, une réduction de plus de 450 milliards de dollars de la dette publique, une diminution du ratio dette/PIB et une réduction du déficit. Selon lui, ces résultats ont été obtenus grâce à une réduction des dépenses militaires, une économie florissante entraînant une augmentation des recettes fiscales, et des augmentations d’impôts inscrites dans le plan budgétaire de Clinton. Les chiffres de l’époque confirment cette amélioration des finances publiques. Une analyse de Brookings souligne également la possibilité pour le gouvernement de réduire sa dette à nouveau.
M. Steuber souligne également que l’analyse de Mme de Rugy omet deux événements mondiaux majeurs qui ont nécessité des dépenses exceptionnelles : l’effondrement financier de la fin des années 2000 et la pandémie de Covid-19 survenue une dizaine d’années plus tard. Il estime par ailleurs que l’auteure sous-estime l’impact des réductions d’impôts accordées aux plus riches par les Républicains, sans compensation par des réductions de dépenses.
Un autre lecteur, Barry Heller, de Rolling Hills Estates, aborde la question des promesses faites aux retraités. Il explique que, après 42 ans de cotisations à la sécurité sociale et à l’assurance-maladie, il s’attendait à bénéficier de soins de santé de base et d’un modeste revenu mensuel à la retraite.
« En échange du paiement de cotisations mensuelles à la sécurité sociale et à l’assurance-maladie pendant 42 ans de travail, on m’a promis des soins de santé de base et un modeste paiement mensuel après la retraite. Était-ce une promesse imprudente ? Les opinions peuvent différer à ce sujet, mais c’était une promesse. »
Barry Heller, Rolling Hills Estates
M. Heller accuse le Congrès de rompre cette promesse en refusant de financer ces programmes, estimant qu’il a été imprudent de croire que cet engagement serait tenu.
Ces réactions mettent en lumière la complexité du débat sur la dette publique américaine et la diversité des points de vue sur ses causes et ses solutions.
