Publié le 6 octobre 2025 à 12h32. Alors qu’il s’apprête à rencontrer Donald Trump à Washington pour négocier un plan de sortie de crise, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou est confronté à des pressions contradictoires : l’exigence de concessions pour parvenir à un accord, et la nécessité de satisfaire son électorat de droite.
- Donald Trump a présenté un plan de paix visant à mettre fin au conflit israélo-palestinien, avec un calendrier ambitieux fixé au deuxième anniversaire de l’attaque du 7 octobre.
- Ce plan, qui prévoit notamment le désarmement du Hamas et une administration temporaire de la bande de Gaza par des technocrates palestiniens, est motivé par des considérations à la fois politiques et personnelles pour l’ancien président américain.
- L’attaque israélienne contre des dirigeants du Hamas à Doha a joué un rôle catalyseur dans l’élaboration de ce plan, permettant à Trump de se positionner comme un médiateur indispensable.
Deux semaines avant son déplacement à Washington, Benyamin Netanyahou avait tenu des propos fermes devant ses partisans d’extrême droite en Cisjordanie occupée :
« Il n’y aura pas d’État palestinien, cet endroit est pour nous. »
Benyamin Netanyahou, Premier ministre israélien
Ces déclarations contrastent avec les discussions en cours sur un plan qui pourrait inclure la création d’un État palestinien.
Selon des sources proches des négociations, Donald Trump a exercé des pressions significatives sur Netanyahou pour qu’il accepte des concessions et s’engage dans un processus de paix post-guerre. Cette démarche vise à convaincre le Hamas, qui considère les otages comme un levier de négociation, ainsi que les alliés de Washington, préoccupés par l’attitude agressive d’Israël.
Un ancien responsable américain a confié au Financial Times que l’attaque israélienne contre Doha a constitué une « insulte » envers Trump, mais lui a offert l’opportunité de se présenter comme le sauveur de la situation :
« Vous avez gâché la situation, et c’est moi qui vais vous en sortir. »
Ancien responsable américain
Après la présentation du plan par Trump, Netanyahou et son équipe ont tenté d’en atténuer certains aspects, notamment ceux relatifs à la création d’un État palestinien. Ils ont également demandé l’ajout d’une clause permettant à Israël de reprendre les combats en cas de violation de l’accord par le Hamas, une requête à laquelle les Américains ont répondu en lui demandant de « cesser de chercher des failles ».
Malgré ces réticences, le plan de Trump prévoit de préserver l’image de Netanyahou en assurant le démantèlement du Hamas, le désarmement de la bande de Gaza et la mise en place d’une administration temporaire par des technocrates palestiniens sous la supervision américaine.
L’élément clé du plan, selon des responsables israéliens, réside dans la formulation utilisée par Trump :
« Si le Hamas rejette l’accord, Israël aura le soutien total de Trump pour l’éliminer. »
Donald Trump, ancien président américain
L’ancien ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Michael Oren, a résumé la situation en affirmant que « la règle de base est que les intérêts de Trump passent en premier ».
