Publié le 21 octobre 2025 20:06:00. L’Asie du Sud-Est, avec sa population croissante et son économie en plein essor, représente un marché majeur pour l’enseignement supérieur international. Mais les destinations traditionnelles doivent s’adapter aux nouvelles préférences des étudiants et à la concurrence accrue pour rester attractives.
- La Chine gagne du terrain auprès des étudiants d’Asie du Sud-Est, tandis que le Canada connaît une baisse significative de la demande.
- La Nouvelle-Zélande attire désormais les étudiants qui se tournaient auparavant vers l’Australie.
- Les compétences numériques, l’adaptation au climat et le développement durable sont de plus en plus recherchées par les employeurs de la région.
L’Asie du Sud-Est est devenue une priorité pour les institutions d’enseignement du monde entier. Avec près de 700 millions d’habitants et une classe moyenne en expansion, la région devrait devenir la quatrième économie mondiale, après les États-Unis, la Chine et l’Inde. Cette croissance économique alimente une demande accrue de formation de qualité, faisant de l’Asie du Sud-Est un marché essentiel pour la mobilité étudiante et l’éducation transnationale (TNE).
Les opportunités pour les établissements cherchant à attirer des étudiants internationaux sont considérables. Cependant, les tendances récentes révèlent un paysage en mutation, avec des préférences étudiantes qui évoluent rapidement. Pour réussir, il est impératif de comprendre ces nouvelles dynamiques et de s’y adapter.
La mobilité internationale des étudiants d’Asie du Sud-Est a une longue histoire, débutée dans les années 1950 avec le plan Colombo, qui a permis à des centaines de milliers d’étudiants de la région de poursuivre leurs études en Australie et en Nouvelle-Zélande. Avec des populations jeunes importantes, notamment en Indonésie et aux Philippines, la demande d’éducation à l’étranger devrait continuer à croître.
Conscientes de ce potentiel, les destinations éducatives traditionnelles et émergentes intensifient leurs efforts de recrutement en Asie du Sud-Est. En août 2025, le gouvernement australien a annoncé l’ouverture de places supplémentaires dans les universités publiques pour les étudiants des pays de l’ASEAN, dans le but de diversifier les sources de recrutement et de renforcer l’engagement régional. Éducation internationale Objectif croissance de la Nouvelle-Zélande vise une augmentation de 42 % des inscriptions internationales, en mettant l’accent sur le Vietnam. Le Japon courtise également activement les étudiants de la région, tout comme de nombreux pays européens.
Dans ce contexte ultra-compétitif, comprendre les attentes des futurs étudiants est crucial. Quelles sont les tendances qui se dégagent des recherches menées dans la région ?
L’Asie du Sud-Est est en train de devenir un pôle éducatif en soi, avec de plus en plus d’institutions étrangères qui établissent des campus de transition. Des exemples notables incluent le campus de Monash en Malaisie, le premier campus universitaire étranger du pays, ainsi que le campus de l’Université Deakin de Lancaster en Indonésie, le premier campus conjoint entre le Royaume-Uni et l’Australie. Ces initiatives témoignent de l’intérêt croissant pour l’éducation transnationale dans la région.
Cependant, les tendances récentes présentent des défis pour les destinations éducatives traditionnelles. L’analyse des données de Studyportal concernant la demande des six principaux pays d’Asie du Sud-Est (Indonésie, Vietnam, Malaisie, Philippines, Singapour et Thaïlande) révèle des changements significatifs :
- La Chine a connu une forte augmentation de la demande en provenance du Vietnam, de l’Indonésie et des Philippines.
- La demande pour le Canada a chuté de 48 % au Vietnam et de 43 % aux Philippines.
- La Nouvelle-Zélande attire des étudiants qui auraient pu se tourner vers l’Australie auparavant, avec une augmentation des inscriptions en provenance du Vietnam et des Philippines.
- L’Irlande a également enregistré une hausse de ses ventes sur ces marchés clés.
- La demande d’études en Malaisie, un hub important pour l’éducation transnationale, a également augmenté.
Voici les variations annuelles de la demande (en nombre de pages vues) au 1er septembre 2025, pour les diplômes de licence et de maîtrise sur le campus :
| Destination | Viêt Nam | Indonésie | Philippines |
| Chine | +61% | +38% | +35% |
| Canada | –48% | 0% | –43% |
| Nouvelle-Zélande | +29% | -2% | +17% |
| Irlande | +5% | +30% | +18% |
| Malaisie | +22% | +9% | +17% |
Parallèlement, la croissance économique de la région crée de nouveaux besoins en compétences. L’évolution rapide des technologies et la transition vers les énergies propres intensifient la demande de diplômés qualifiés. L’Indonésie prévoit d’ajouter 57 millions de travailleurs qualifiés d’ici 2030, et le Forum économique mondial souligne l’importance des compétences numériques, de l’adaptation au climat, des infrastructures commerciales et de la gestion de l’environnement dans la région. Les tendances de la demande reflètent ces priorités, avec une croissance dans des domaines tels que :
- Intelligence artificielle
- Biotechnologie
- Technologie alimentaire
- Relations internationales
- Gestion de la chaîne d’approvisionnement
- Développement durable.
L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont une opportunité unique de tirer parti de leur proximité géographique avec l’Asie du Sud-Est. Face à la concurrence des économies en croissance et des nouveaux pôles éducatifs en Asie et en Europe, qui proposent des programmes compétitifs, souvent à moindre coût et avec des perspectives d’emploi attractives, les destinations traditionnelles doivent affiner leur proposition de valeur. Il sera essentiel de mettre en avant les atouts académiques, l’employabilité des diplômés et le retour sur investissement des études à long terme, tout en investissant dans les disciplines émergentes et en adaptant les stratégies à chaque marché d’Asie du Sud-Est.
La question demeure : qui saura saisir cette opportunité et qui la laissera passer ? Les gouvernements et les établissements d’enseignement ont fait de l’Asie du Sud-Est une priorité dans leurs stratégies d’enseignement supérieur. Il est désormais crucial d’aligner leurs actions sur les besoins changeants des étudiants de la région pour rester compétitifs et leaders sur la scène mondiale.
« Les établissements doivent affiner leur proposition de valeur, en mettant en valeur les atouts académiques, l’employabilité des diplômés et le retour sur investissement des études à long terme. »
Carlie Sage, directrice associée des partenariats APAC chez Studyportals
Cet article a été rédigé avec les données et les analyses fournies par Studyportals. L’article original est disponible ici.
