Publié le 16 novembre 2025 à 01h49. Les Émirats arabes unis, bien que n’interdisant pas le bitcoin, viennent d’imposer une réglementation stricte sur les outils liés aux cryptomonnaies, suscitant des inquiétudes quant à l’avenir de l’auto-conservation des actifs numériques dans le pays.
- Une nouvelle loi impose des licences pour presque tous les outils liés aux cryptomonnaies, y compris les portefeuilles auto-dépositaires, les explorateurs de blockchain et les sites d’informations sur les marchés.
- Les sanctions pour activités non autorisées peuvent aller jusqu’à 500 millions de dirhams (environ 136 millions de dollars) d’amende et des peines de prison.
- Ce cadre réglementaire renforce le contrôle centralisé des Émirats arabes unis sur les écosystèmes numériques, à l’instar de leur approche stricte concernant les services de communication en ligne.
Les Émirats arabes unis ont pris une nouvelle orientation réglementaire concernant les cryptomonnaies, qui pourrait avoir des conséquences majeures pour les investisseurs et les utilisateurs. La loi sur la nouvelle banque centrale du pays étend désormais la surveillance aux fournisseurs de technologies facilitant les activités financières, et pas seulement aux institutions financières traditionnelles. L’article 62 de cette loi précise que les plateformes, protocoles et outils numériques qui permettent ou soutiennent les services financiers sont désormais soumis à une réglementation, même s’ils ne les offrent pas directement.
Cette nouvelle législation érige en infraction pénale la fourniture d’« outils » d’actifs numériques aux citoyens émiratis sans licence de la Banque centrale. Ces outils incluent notamment les portefeuilles Bitcoin auto-dépositaires, les explorateurs de blockchain et les sites web fournissant des données sur les marchés de la cryptomonnaie. En conséquence, la seule forme de Bitcoin que les individus peuvent légalement détenir est celle autorisée par les règles de la Banque centrale, marquant un changement radical par rapport au modèle d’auto-conservation ouvert, courant sur la plupart des marchés.
Les sanctions prévues pour les activités non autorisées sont particulièrement sévères. L’article 170 de la loi prévoit des peines d’emprisonnement et des amendes allant de 50 000 à 500 millions de dirhams (soit l’équivalent de 136 millions de dollars). Ces amendes représentent une augmentation substantielle par rapport au cadre réglementaire en vigueur depuis 2018.
Cette approche réglementaire s’inscrit dans la continuité des contrôles stricts exercés par les Émirats arabes unis sur les services de communication et les outils en ligne. Les fonctions VoIP sur des applications telles que WhatsApp restent bloquées dans tout le pays, et les organisations de défense des droits de l’homme soulignent régulièrement ces restrictions lorsqu’elles évaluent les libertés numériques dans le pays. Les nouvelles règles financières reflètent ce modèle de contrôle centralisé au sein des écosystèmes numériques.
Des discussions similaires ont eu lieu en Estonie, aux Seychelles et dans certaines parties de l’Union européenne, où les régulateurs ont envisagé de limiter les portefeuilles non dépositaires. Cependant, peu de juridictions ont adopté des mesures aussi larges que celles prises par les Émirats arabes unis.
Cette nouvelle loi introduit des considérations importantes en matière de conformité pour les entreprises opérant dans la région. Les entreprises proposant des outils non dépositaires pourraient avoir besoin d’obtenir une licence complète, ce qui pourrait nécessiter des modifications structurelles de leurs produits existants. Les développeurs et les fournisseurs de services sont confrontés à un risque réglementaire accru, et les investisseurs doivent évaluer l’impact de ces exigences sur l’accès au marché et la viabilité des entreprises.
Ces règles affectent également les résidents qui dépendent de portefeuilles d’auto-garde ou d’outils blockchain, créant des obstacles potentiels à l’utilisation des services d’actifs numériques. En conséquence, les entreprises pourraient reconsidérer leurs projets d’expansion et les utilisateurs pourraient se tourner vers des modèles de conservation réglementés, qui présentent moins d’incertitudes.
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Cet article Les Émirats arabes unis viennent-ils d’interdire le Bitcoin ? Non, mais ce qu’ils ont fait pourrait être encore pire a été publié à l’origine sur Benzinga.com.
