Publié le 16 janvier 2026 à 21h33. L’ancien gouverneur de Porto Rico, Wanda Vázquez, reconnue coupable de corruption, a été graciée par l’ancien président américain Donald Trump, une décision qui suscite de vives critiques et s’inscrit dans une série de pardons controversés accordés par l’ancien président.
- Donald Trump a gracié Wanda Vázquez, l’ancienne gouverneure de Porto Rico, condamnée pour corruption.
- Julio Herrera Velutini et Mark Rossini, co-accusés dans cette affaire, ont également bénéficié d’une grâce présidentielle.
- Cette décision intervient après une série de grâces accordées par Trump à des personnes impliquées dans l’assaut du Capitole et d’autres affaires judiciaires sensibles.
Wanda Vázquez, qui a gouverné Porto Rico entre 2019 et 2021, avait plaidé coupable en août dernier d’une infraction liée au financement de sa campagne électorale de 2020. Elle avait été arrêtée en 2022 pour avoir accepté un pot-de-vin (estimé à 25 000 dollars) en échange de faveurs politiques. Plus précisément, elle était accusée d’avoir promis de remplacer le commissaire du Bureau des institutions financières de Porto Rico, qui enquêtait sur une banque appartenant à Julio Herrera Velutini, un homme d’affaires vénézuélien. Mark Rossini, un ancien agent du FBI devenu conseiller financier, était également impliqué dans ce stratagème.
L’administration Trump justifie cette grâce en affirmant que les accusations portées contre Vázquez étaient motivées par son soutien à Donald Trump lors de l’élection présidentielle de 2020. Selon des sources proches de l’ancien président, il considérait que ces poursuites étaient une forme de représailles politiques.
Wanda Vázquez a accédé au poste de gouverneur en 2019 après la démission de Ricardo Roselló, suite à des manifestations massives. Elle est la première femme à avoir occupé cette fonction à Porto Rico. Elle a ensuite perdu les primaires en 2021.
La décision de Donald Trump a suscité de vives réactions à Porto Rico. Pablo José Hernández, le représentant non votant de Porto Rico au Congrès américain, a fermement condamné cette grâce, estimant qu’elle
« protège et favorise la corruption. La grâce accordée à l’ancienne gouverneure Wanda Vázquez affaiblit l’intégrité publique, sape la confiance dans la justice et offense ceux d’entre nous qui croient en un gouvernement honnête. »
Pablo José Hernández, représentant de Porto Rico au Congrès américain
Juan Dalmau, candidat au poste de gouverneur pour le Parti pour l’indépendance portoricaine, a également dénoncé cette mesure, la qualifiant d’
« humiliation de plus contre le peuple portoricain. »
Juan Dalmau, candidat au poste de gouverneur
Cette grâce s’inscrit dans une tendance observée depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025. Il a accordé plus de 1 600 grâces au cours de sa première année de second mandat, un nombre sans précédent dans l’histoire américaine. Il a notamment gracié environ 1 500 personnes impliquées dans l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021 , ainsi que 77 personnes impliquées dans les tentatives d’annulation des résultats de l’élection de 2020, dont Rudy Giuliani . Récemment, il a également gracié l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández, condamné pour trafic de drogue . D’autres grâces, dont celle accordée à Adriana Camberos, une escroc, ont été révélées cette semaine.
