Publié le 7 novembre 2025 à 20h29. Des chercheurs de l’Université de l’Insubrie ont mis au point un procédé biotechnologique révolutionnaire capable de transformer les bouteilles en plastique PET usagées en acides aminés, des composés aux applications pharmaceutiques, cosmétiques et alimentaires. Cette avancée ouvre la voie à une nouvelle ère de bioéconomie circulaire et de gestion durable des déchets plastiques.
- Un procédé innovant permet de décomposer le PET en acides aminés L-alanine et D-alanine.
- Le processus est entièrement écologique, sans émissions nocives ni utilisation de solvants toxiques.
- La production mondiale de plastique devrait dépasser les 33 milliards de tonnes d’ici 2050, soulignant l’urgence de trouver des solutions durables.
Une équipe de chercheurs de l’Université de l’Insubrie, basée à Varèse, a annoncé une découverte potentiellement transformatrice dans la lutte contre la pollution plastique. Leur travail, coordonné par le professeur Loredano Pollegioni, délégué à la recherche et à l’innovation technologique de l’université, et réalisé dans le laboratoire The Protein Factory 2.0 par le professeur Elena Rosini, s’inscrit dans le cadre du programme ProPla, financé par la Fondation Cariplo. Les résultats de cette recherche ont été publiés dans la revue scientifique Catalyse SCA.
Au cœur de cette innovation réside une chaîne enzymatique complexe, composée de douze enzymes issues de quatre micro-organismes différents. Ce système, fruit des travaux de Pollegioni et Rosini, est capable de dégrader le polyéthylène téréphtalate (PET) – le plastique couramment utilisé dans les bouteilles – en ses monomères de base, puis de les convertir progressivement en L-alanine et D-alanine. Ces deux acides aminés sont des éléments essentiels dans de nombreux secteurs industriels, notamment l’industrie pharmaceutique, cosmétique et alimentaire, où le marché mondial représente plus de 300 millions de dollars (USD) et continue de croître.
Mais l’intérêt de cette découverte ne se limite pas à son potentiel économique. Le professeur Rosini souligne l’aspect environnemental majeur de ce processus :
« Ce procédé est totalement écologique, sans émissions nocives ni utilisation de solvants toxiques. Il démontre que le plastique peut avoir une seconde vie et devenir une ressource, et non plus seulement un problème. »
Elena Rosini, Professeur à l’Université de l’Insubrie
Cette avancée intervient alors que la production mondiale de plastique est en constante augmentation, avec des prévisions alarmantes : plus de 33 milliards de tonnes devraient être produites d’ici 2050. Les conséquences de cette accumulation de déchets plastiques sur les écosystèmes, les océans et la santé humaine sont de plus en plus préoccupantes, notamment en raison de la présence croissante de microplastiques dans les chaînes alimentaires et même dans l’air que nous respirons.
La recherche de l’Université de l’Insubrie représente donc un changement de paradigme, allant au-delà du simple recyclage pour proposer une véritable valorisation des déchets plastiques. La prochaine étape consistera à étudier l’évolutivité du processus afin de pouvoir l’appliquer à grande échelle dans les usines de traitement des déchets et ainsi contribuer à une gestion plus durable et responsable de nos déchets plastiques.
