Publié le 13 novembre 2025 à 09h41. Les taux d’intérêt des prêts immobiliers en Italie continuent de grimper, rendant l’accès à la propriété plus difficile pour les ménages. Cette hausse, orchestrée par la Banque centrale européenne pour lutter contre l’inflation, se traduit par des mensualités plus élevées et un changement de comportement chez les emprunteurs.
- Le taux annuel effectif global (TAEG) des nouveaux prêts immobiliers a atteint 3,71 % en septembre, une nouvelle augmentation par rapport au mois précédent.
- Les emprunteurs se tournent massivement vers les prêts à taux fixe pour se protéger contre de futures hausses des taux.
- L’association de consommateurs Codacons estime que cette augmentation des taux se traduira par une hausse de 216 euros par an sur un prêt immobilier de 150 000 euros.
La Banque d’Italie a publié des données révélant une nouvelle augmentation du coût du crédit immobilier en septembre. Le taux annuel effectif global (TAEG) pour les nouveaux prêts à l’acquisition d’un logement s’établit désormais à 3,71 %, contre 3,67 % en août. Si cette progression peut sembler modeste, elle confirme une tendance à la hausse observée depuis plusieurs mois et qui pèse sur les intentions d’achat des familles.
Le TAEG, qui inclut non seulement les intérêts mais également tous les frais annexes liés au financement, est un indicateur clé du coût réel d’un prêt. Son augmentation, directement liée aux décisions de la Banque centrale européenne dans sa lutte contre l’inflation, se répercute inévitablement sur le budget des ménages. Les acquéreurs potentiels doivent aujourd’hui faire face à des conditions de financement nettement plus contraignantes qu’il y a un an, lorsque les taux étaient historiquement bas.
Un chiffre particulièrement révélateur est l’effondrement de la part des prêts à taux variable à court terme (jusqu’à un an), qui est passée de 16,4 % en août à seulement 11,5 % en septembre. Cette baisse spectaculaire témoigne d’une volonté des emprunteurs de privilégier la sécurité et d’éviter les aléas liés aux fluctuations des taux d’intérêt. Le prêt à taux fixe, bien que plus coûteux au départ, apparaît ainsi comme une option plus prudente pour se prémunir contre de nouvelles hausses des échéances.
Cependant, cette hausse des taux hypothécaires ne se limite pas au marché immobilier. La Banque d’Italie observe également une évolution du coût du crédit à la consommation. Le TAEG pour le crédit à la consommation a légèrement diminué, s’établissant à 10,24 % (contre 10,29 % en août). Les taux pratiqués par les sociétés non financières ont également connu une légère baisse, passant de 3,39 % à 3,38 %. Néanmoins, le coût du crédit reste élevé pour les petits montants (jusqu’à 1 million d’euros), atteignant 4,01 %.
Cette situation crée une double pression sur les finances des ménages : d’une part, la difficulté d’accéder à la propriété ; d’autre part, les contraintes liées au financement des dépenses courantes, alors que les taux du crédit à la consommation restent élevés.
« Les données de la Banque d’Italie confirment malheureusement nos craintes concernant la hausse des taux pratiqués par les banques. L’incapacité de la BCE à réduire ses taux d’intérêt, qui sont restés inchangés lors des quatre dernières réunions, se répercute sur le marché, avec des conséquences négatives pour les familles. »
Codacons
Selon les estimations de l’association de consommateurs Codacons, cette augmentation des taux se traduira concrètement par une hausse de +18 euros par mensualité, soit +216 euros par an, sur un prêt immobilier de 150 000 euros. Pour un crédit de 120 000 euros sur 25 ans, la majoration s’élèvera à 14 euros par échéance, soit +168 euros par an.
