Publié le 13 janvier 2026 à 07h31. Sous pression après des performances décevantes, Xabi Alonso voit son avenir au Real Madrid s’assombrir, alors que le club espagnol se prépare à affronter le FC Barcelone en Supercoupe d’Espagne.
- Les récentes performances du Real Madrid, notamment une victoire difficile en demi-finale contre l’Atlético Madrid, soulèvent des questions sur la capacité de Xabi Alonso à diriger l’équipe.
- L’arrivée de Kylian Mbappé, bien que prometteuse, n’a pas encore eu l’impact escompté sur les résultats du club.
- La presse madrilène remet en question la stratégie d’Alonso et son aptitude à imposer son style de jeu à une équipe composée de stars.
La situation de Xabi Alonso au Real Madrid est de plus en plus précaire. Après un passage remarqué en Allemagne avec le Bayer Leverkusen, l’ancien milieu de terrain espagnol avait suscité de grandes attentes à son arrivée dans la capitale espagnole. Cependant, les résultats récents du club, notamment une demi-finale de Supercoupe d’Espagne laborieuse face à l’Atlético Madrid (2-1), ont mis en lumière des faiblesses inquiétantes dans le jeu de l’équipe.
Malgré une qualification pour la finale contre le FC Barcelone, prévue ce dimanche à Djeddah, l’optimisme est de mise. Alonso a annoncé que Kylian Mbappé, souffrant d’une maladie, prendrait l’avion avec l’équipe. Le Real Madrid espère un match différent face à son rival historique. Cependant, l’entraîneur madrilène s’attend à ne pas reproduire la prestation de jeudi dernier.
La demi-finale contre l’Atlético a révélé un manque flagrant d’efficacité offensive de la part du Real. Les statistiques sont éloquentes : seulement 8 tirs pour 22 de l’Atlético, et un seul corner pour 9. Des chiffres jugés inacceptables pour un club de l’envergure du Real Madrid. Federico Valverde, l’un des meilleurs joueurs du Real, a d’ailleurs reconnu après le match que son équipe avait eu beaucoup de chance de s’imposer.
« Ils ont eu beaucoup plus d’occasions et ont beaucoup mieux joué que nous. »
Federico Valverde, joueur du Real Madrid
La presse madrilène est impitoyable. Le journal sportif Marca a même estimé que le Real Madrid méritait d’être puni par une finale contre le FC Barcelone, rappelant la défaite cuisante (5-2) subie lors du match aller en Catalogne l’année dernière. L’équipe de Hansi Flick, l’entraîneur du Barça, attend donc un adversaire affaibli.
Au milieu de ce climat défaitiste, l’espoir de voir Mbappé briller reste fragile. Bien que l’attaquant français ait marqué 73 buts en 83 matchs depuis son arrivée à Madrid en 2024, ses performances n’ont pas suffi à redresser la situation du club. Des statistiques surprenantes révèlent même que le Real perd plus souvent avec Mbappé (21 % des matchs) qu’en son absence (8 %). Les statistiques de Kylian Mbappé montrent une tendance inquiétante.
Chaque match du Real Madrid pourrait être le dernier de Xabi Alonso
L’entraîneur, auréolé de succès en Allemagne, peine à imposer sa vision au club le plus titré du monde. Une fin de saison en demi-teinte a laissé les Madrilènes à quatre points du FC Barcelone au classement. Depuis, chaque match est perçu comme un test décisif pour l’avenir d’Alonso, qualifié de « survivant » par la presse espagnole. El Mundo estime que sa position est « tenue par un fil ».
Le principal problème d’Alonso réside dans le manque d’identité de son équipe. Au lieu de la revitalisation promise, le jeu du Real semble encore plus hésitant que sous la direction de Carlo Ancelotti. Comme son prédécesseur, Alonso souffre d’une construction d’équipe incohérente. Le club privilégie les noms prestigieux aux besoins réels, comme en témoigne l’arrivée de Mbappé, qui se dispute le terrain avec Vinícius Júnior. De plus, le départ de Toni Kroos, stratège de l’équipe, a laissé un vide important dans l’entrejeu, accentué par le départ de Luka Modric un an plus tard.
Alonso n’a pas encore trouvé de successeurs capables de prendre la relève de Kroos et Modric. Il peine également à définir un style de jeu clair et cohérent. Ses explications sont souvent vagues et hésitantes. Lors de la conférence de presse précédant le match contre l’Atlético, il a surpris les observateurs en défendant Vinícius contre les attaques répétées de Diego Simeone, l’entraîneur de l’Atlético :
« Tout ne fonctionne pas, ce qui se passe sur le terrain doit avoir des limites. »
Xabi Alonso, entraîneur du Real Madrid
Il a également justifié son approche tactique en affirmant :
« Notre plan était d’interpréter ce qu’il fallait faire à chaque instant. »
Xabi Alonso, entraîneur du Real Madrid
Un entraîneur autrefois salué pour son innovation et son jeu offensif semble s’être résigné au pragmatisme, voire y avoir été contraint. Certains observateurs le considèrent comme une marionnette entre les mains des joueurs, et les récentes victoires, souvent acquises avec difficulté, sont interprétées comme une tentative des joueurs de sauver la position d’Alonso.
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L’enthousiasme initial pour une réforme du jeu semble s’être évanoui rapidement. Au début de la saison, l’équipe s’était plainte des séances vidéo excessives, alors qu’elle n’en avait pas eu besoin pour remporter la Ligue des champions. Des joueurs comme Valverde et Jude Bellingham ont commencé à remettre en question leur rôle au sein de l’équipe.
La tension a atteint son paroxysme après la victoire 2-1 contre Barcelone en championnat, perçue comme une déclaration d’Alonso après quatre défaites consécutives face au Barça sous la direction d’Ancelotti. Cependant, cette victoire a été ternie par la réaction de Vinícius lors de son remplacement, et ses excuses tardives et ambiguës. Vinícius a présenté ses excuses à ses coéquipiers, à son président, à son club et à ses supporters, mais pas à son entraîneur.
Vinícius, une star flamboyante mais imprévisible, représente un défi constant pour Alonso. Les scènes d’Alonso encourageant Vinícius à presser ou à défendre sont légions. Contre l’Atlético, Vinícius est resté immobile à plusieurs reprises, notamment avant le but, laissant le centre se dérouler sans réagir. Alonso, abasourdi, s’est tourné vers son banc.
Vinícius, bien que n’ayant pas marqué depuis 16 matchs, bénéficie toujours de la protection du président Florentino Pérez, qui le considère comme un « atout du club ». Pérez a même annulé sa participation au Gala des footballeurs mondiaux en 2024, estimant que sa deuxième place était une injustice. Le message est clair : un entraîneur du Real ne doit pas créer de conflits qu’il ne peut pas gagner.
L’histoire du Real Madrid est jalonnée d’entraîneurs ambitieux qui n’ont pas réussi à s’imposer durablement. Comme l’a souligné l’ancien capitaine Sergio Ramos en s’opposant à l’arrivée d’Antonio Conte : « Vous savez tous avec quels entraîneurs nous avons eu du succès ». Le Real est un club de stars, pas de stratèges. Les huit Ligues des champions remportées au XXIe siècle l’ont été sous la direction d’entraîneurs comme Vicente del Bosque, Zinédine Zidane et Carlo Ancelotti, des hommes capables de gérer les egos et de créer une ambiance positive, plutôt que de se focaliser sur les détails tactiques.
Jupp Heynckes a également remporté une Ligue des champions avec le Real en 1998. Son succès résidait dans sa capacité à abandonner ses concepts tactiques et à laisser les joueurs exprimer leur talent. Cette approche n’a pas fonctionné en championnat, mais elle a suffi pour remporter la compétition européenne. Un scénario similaire pourrait se produire pour Xabi Alonso, qui espère désormais pouvoir compter sur le soutien de ses joueurs et de son président pour surmonter cette crise.
