Publié le 27 septembre 2023 18:45:00. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a réaffirmé devant l’Assemblée générale de l’ONU que Moscou ne voit aucune volonté de négociation sérieuse de la part de Kiev ou de ses alliés européens, tout en dénonçant l’expansion de l’OTAN vers les frontières russes.
- Sergueï Lavrov estime que ni l’Ukraine ni les pays européens ne prennent conscience de l’urgence de trouver une solution négociée au conflit.
- Il accuse l’Europe de poursuivre un objectif inatteignable : infliger une défaite stratégique à la Russie.
- Moscou conditionne toute discussion à la garantie de sa propre sécurité et à la protection des droits des populations russophones en Ukraine.
S’exprimant avant la session de l’Assemblée générale des Nations Unies, Sergueï Lavrov a exprimé son scepticisme quant à la possibilité d’un accord de paix dans un avenir proche. Selon lui, Kiev et ses soutiens européens ne manifestent pas de réelle volonté de s’engager dans des négociations constructives.
« Jusqu’à présent, ni Kiev ni ses sponsors européens ne semblent comprendre l’urgence de la situation et ne sont pas disposés à négocier un accord de paix équitable. »
Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères
Le chef de la diplomatie russe a également critiqué l’obsession perçue de l’Europe à infliger une défaite stratégique à la Russie, une approche qu’il juge utopique. Moscou, a-t-il insisté, se concentre sur la résolution des causes profondes du conflit et la garantie de sa propre sécurité. Cette garantie, a-t-il précisé, doit inclure la protection des droits des populations russophones restées sur le territoire ukrainien.
Lavrov a souligné que Moscou ne discutera des garanties de sécurité pour l’Ukraine qu’après avoir obtenu des assurances solides pour sa propre sécurité. Il a réaffirmé que la sécurité de la Russie et la protection de ses intérêts vitaux sont des conditions préalables à toute discussion.
Lavrov dénonce l’expansion de l’OTAN
Le ministre russe a également exprimé son mécontentement face à l’expansion continue de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) vers les frontières russes. Il a regretté que les préoccupations de la Russie aient été ignorées, rappelant que des promesses avaient été faites aux dirigeants soviétiques de ne pas étendre l’alliance vers l’est. L’ONU a été le lieu de ces déclarations.
Lavrov a également dénoncé une augmentation des menaces d’utilisation de la force contre la Russie, tout en rejetant les accusations selon lesquelles Moscou préparerait une attaque contre l’Union européenne.
« La Russie n’a jamais eu ou n’a pas eu de telles intentions. »
Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères
Concernant les relations avec les États-Unis et leur possible rôle de médiateur dans le conflit ukrainien, Lavrov a déclaré que Moscou entretenait “certains espoirs” dans le dialogue avec Washington, malgré les difficultés rencontrées jusqu’à présent. Il a estimé que l’administration américaine actuelle manifestait un désir de faciliter la recherche de solutions réalistes à la crise ukrainienne et de développer une coopération pragmatique, sans être guidée par des considérations idéologiques.
« Dans l’approche de l’administration américaine actuelle, nous voyons le désir de faciliter non seulement la recherche de solutions réalistes à la crise ukrainienne, mais aussi de développer une coopération pragmatique sans adopter une position idéologique. »
Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères
