Les exigences de déclaration des taux de vaccination pour les bénéficiaires de Medicaid et du programme d’assurance maladie pour enfants (CHIP) vont être assouplies, ce qui pourrait compliquer le suivi des tendances vaccinales et l’évaluation de l’impact des récentes modifications de politique.
Les « ensembles de base » (Core Sets) sont des outils d’évaluation de la qualité des soins de santé, conçus pour améliorer l’accès aux soins et la santé des populations inscrites à Medicaid et CHIP. L’ensemble de base pour enfants, créé en 2009 et rendu obligatoire en 2024, évalue divers aspects de la santé infantile, notamment les soins de santé comportementale, la prévention, la santé maternelle, les affections aiguës et chroniques, la santé bucco-dentaire et l’expérience des soins, ainsi que le statut vaccinal. Un ensemble distinct existe également pour les adultes inscrits, développé en 2012 et dont les mesures de santé comportementale sont devenues obligatoires en 2024.
L’administration Trump a récemment décidé de retirer quatre mesures liées à la vaccination des ensembles de base, les transformant en données déclarées sur une base volontaire par les États. Une lettre datée de décembre 2025, adressée aux responsables de la santé des États, indique que ces mesures seront considérées comme des « mesures d’utilisation volontaire » pour 2026 et 2027. La lettre précise également que les paiements fédéraux de Medicaid ne seront pas liés aux performances en matière de vaccination et encourage les États à ne pas intégrer ces mesures dans leurs modèles de rémunération (par exemple, les incitations pour les plans de soins gérés). Deux autres mesures, concernant l’aide à l’arrêt du tabac et le traitement de l’asthme, ont également été supprimées, bien que les services de CMS aient indiqué qu’ils pourraient envisager d’ajouter d’autres mesures sur ces sujets à l’avenir.
Ce changement, bien que techniquement mineur, n’a pas suivi la procédure habituelle de mise à jour des ensembles de base. Conformément à la loi fédérale, CMS est tenu de mettre à jour ces ensembles chaque année, en s’appuyant sur un groupe de travail composé de parties prenantes et d’experts en qualité des soins. Ce groupe de travail examine les ensembles de base, formule des recommandations, qui sont ensuite soumises à consultation publique avant d’être finalisées par CMS. La décision de supprimer les mesures de vaccination n’a pas été prise dans ce cadre, bien que la lettre invoque le pouvoir discrétionnaire du secrétaire de modifier les ensembles de base pour améliorer leur efficacité.
La suppression de ces exigences de déclaration pourrait rendre plus difficile le suivi des tendances de vaccination, notamment chez les enfants. Les données de 2024 montrent déjà des variations significatives des taux de vaccination entre les États et selon le type de vaccin. De plus, les tendances observées entre 2022 et 2024 révèlent une baisse des taux de vaccination pour certains vaccins. Près de quatre enfants sur dix aux États-Unis sont couverts par Medicaid, ce qui signifie que même de petits changements dans ce programme peuvent avoir un impact important sur la santé infantile.
Il reste incertain combien d’États continueront à signaler volontairement les mesures de vaccination. Avant que la déclaration ne devienne obligatoire, le nombre d’États participant augmentait progressivement, atteignant 46 à 48 États en 2023, selon le vaccin. CMS envisage de nouvelles mesures de vaccination pour remplacer celles qui sont désormais facultatives, en impliquant les États, les experts en qualité, les prestataires, les gestionnaires de registres de vaccins et les fournisseurs de dossiers de santé électroniques. L’objectif est de développer des mesures qui évaluent si les parents et les familles ont reçu des informations claires sur les vaccins, leur sécurité, leurs effets secondaires et les calendriers de vaccination alternatifs, et d’explorer la prise en compte des préférences individuelles et des exemptions religieuses.
En l’absence de données obligatoires, il sera peut-être possible de suivre les tendances de vaccination grâce à d’autres sources, telles que l’Enquête nationale sur la vaccination ou les données collectées par les États individuellement. Cependant, ces données ne sont pas toujours facilement accessibles ni comparables entre les États.
Cette décision intervient dans un contexte de baisse des taux de vaccination et de remise en question des politiques vaccinales. L’hésitation vaccinale, alimentée par la désinformation et les opinions politiques divergentes, ainsi que les récents changements apportés au calendrier de vaccination des enfants (réduction du nombre de maladies ciblées de 17 à 11 et du nombre de vaccins recommandés de 13 à 7) pourraient entraîner une nouvelle baisse des taux de vaccination et une augmentation des maladies évitables. Le manque de données fiables sur le statut vaccinal rendra plus difficile l’évaluation de l’impact de ces changements.
